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Quelle vision, aujourd’hui, du Réel ?

Quelle vision, aujourd’hui, du Réel ?

Que disent les sciences actuelles sur le Réel ?
Le Réel est-il un assemblage mécanique de briques élémentaires guidées par le seul hasard ? Ou le Réel est-il un vaste organisme vivant, formant un Tout, guidé par une intention, un désir, une volonté ?
Tels sont les deux points de vue en présence, irrémédiablement inconciliables.


La science classique avait opté pour le premier point de vue : mécanicisme et analycisme. On comprend que le parti-pris de cette science classique reposa sur une vision de l’univers plutôt matérialiste, atomiste, hasardiste. C’est encore largement le cas aujourd’hui, mais seulement dans les domaines scientifiques les plus éloignés de la physique fondamentale. Ce constat est à la fois étonnant et navrant : plus un domaine traite de systèmes complexes où le mécanicisme ne fonctionne pas (biologie, physiologie, sociologie, économie, neurosciences, psychologie, …), plus les gens qui s’en occupent, veulent singer le mécanicisme, le rationalisme et le scientisme de la physique du XIXe siècle.

Quatre exemples sautent aux yeux : la biologie qui s’efforce en vain de réduire la vie à de la chimie moléculaire, les neurosciences qui tâchent, tout aussi vainement, de réduire l’esprit à de la chimie neuronale, la sociologie qui désire réduire la société à de la chimie hormonale et l’économie qui souhaite réduire les marchés à une illusoire rationalité financière et consommatoire.

En revanche, la physique fondamentale actuelle et la cosmologie qui en dérive, a pris ses distances par rapport à cette vision mécaniciste et hasardiste de l’univers dont les complexités réelles ne sont jamais réductibles à quelques assemblages de soi-disant briques élémentaires, unies entre elles par de soi-disant forces élémentaires, conformément à des lois soi-disant élémentaires.

L’univers réel est infiniment plus complexe et sophistiqué que cela, et c’est pécher d’orgueil que de le ramener, ainsi, à quelques mécaniques inventées par nos esprits primaires d’homme pas très malin.
Depuis l’évènement des modèles de la relativité générale, des formalismes de la physique quantique et des théories sur la dynamique des processus complexes, la physique fondamentale est devenue le champ de bataille de visions beaucoup plus riches que ne l’étaient celles d’un Laplace ou d’un Maxwell.

Les briques “élémentaires” (les “particules”) ne sont plus ni des briques matérielles, ni élémentaires.
Les forces “élémentaires” (les quatre forces traditionnelles : gravifique, électromagnétique, hadronique et leptonique) ne sont plus élémentaires. Elles sont, pour trois d’entre elles, contradictoires et incompatibles avec les effets gravitationnels et, pour la force leptonique, ne respectent pas les grands principes de conservativité reconnus, pourtant, jusque là.
Enfin, les lois “élémentaires” naissent et évoluent avec l’univers et reposent sur des “constantes” qui ne l’ont pas toujours été et qui sont si bien ajustées, qu’elles excluent le hasard comme moteur principal de l’évolution cosmique.

Pour le dire autrement, la physique fondamentale contemporaine renonce de plus en plus – au grand dam d’Albert Einstein – à fonder une ontologie et se contente, le plus souvent, d’exprimer une phénoménologie ; elle ne parle plus de l’univers tel qu’il est, mais bien de l’univers tel que l’homme le perçoit.

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