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SARL Aimé Matrone à Lempdes : une entreprise unie par un savoir-faire familial

SARL Aimé Matrone à Lempdes : une entreprise unie par un savoir-faire familial
Jean-Charles et Aimé Matrone

Cette SARL spécialisée dans l’aménagement extérieur et la conservation du patrimoine bâti est avant tout une histoire de famille. Basée à Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, elle est aujourd’hui l’accomplissement d’une collaboration entre Aimé Matrone, le fondateur, et son fils Jean-Charles. Au-delà des nombreuses réalisations, c’est avant tout la passion du travail et le respect du client qui forgent leurs valeurs.


“L’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleurs”. Cette citation de l’ancien président américain John Fitzgerald Kennedy résume la philosophie de la SARL Aimé Matrone selon Jean-Charles Matrone. Un art, forgé dans l’amour du métier, qui a mis du temps à se construire et à grandir. “C’est une entreprise individuelle créée par mon père en 1982. Il a tout d’abord évolué dans des structures où il a pu gravir les échelons comme chef d’équipe ou chef de chantier. C’est son licenciement qui l’a finalement poussé à fonder sa propre entreprise. Il a commencé très modestement avec une bétaillère et est passé notamment par les restaurations de tombes. Peu à peu, le bouche-à-oreille a fonctionné et il a pu investir par la suite”. Un besoin de travailler qui a concerné la famille dès le départ puisque Sylvette, sa femme, a codirigé avec lui. “Elle s’occupait de la gestion ou de la comptabilité tandis qu’il s’occupait des commandes.”

L’envie de créer et la nécessité de travailler sont des valeurs qui vont marquer Jean-Charles Matrone dès son plus jeune âge.” Mon père travaillait beaucoup pour nourrir sa famille, il m’a ainsi appris la notion de l’argent. Si je voulais aller au cinéma ou acquérir quelque chose, il fallait que je travaille en contre-partie. Par exemple, je devais travailler le samedi dans les dépôts pour ranger les outils ou encore les véhicules.” Loin de faire des travaux forcés, le jeune garçon finit par découvrir sa voie en travaillant avec son père et ses collaborateurs. “Ayant fait des études jusqu’à 17 ans, je suis passé par un engagement dans l’armée pendant sept mois. Cette période a été un déclic et m’a permis de mûrir. C’est au moment de mes 18 ans que j’ai donc voulu intégrer l’entreprise. Il a fallu cependant que je fasse mes preuves et que je sois formé. Ensuite, mon père m’a jugé prêt pour m’associer avec lui”.

Cette collaboration a fait changer l’entreprise qui a pris le statut de SARL il y a un an et demi. “Aidé par un expert comptable, ce fut le choix le plus adapté pour répartir au mieux les parts de l’entreprise. La transmission est très importante pour mon père”. Cette confiance et cette motivation se ressentent énormément dans le travail. “Je gère la comptabilité, le planning ou encore les commandes, permettant ainsi à mon père de travailler sur les chantiers ou de rencontrer les clients”. Sans éviter les disputes, ces années ensemble ont permis de rapprocher Jean-Charles et Aimé Matrone. La relation est la même avec les salariés, au nombre de dix dans la maçonnerie et peinture. “Une équipe soudée, des proches sur qui l’on peut compter en cas de difficulté”. Une ouverture d’esprit qui a progressé il y a quatre ans avec la création d’une filiale : La peinture au féminin. “L’idée est de valoriser le travail des femmes dans le milieu du bâtiment. Elles sont parfois plus performantes que les hommes dans certains corps. Elles sont deux à gérer la peinture, la décoration ou encore l’aménagement d’intérieur, tandis que les hommes s’occupent de la maçonnerie.” A côté, différents corps de métiers précieux peuvent être sollicités : pépiniériste, chaudronnier, menuisier, ébéniste, décorateur, tailleurs de pierre…

Nous ne faisons pas que présenter la facture. Nous encadrons véritablement le client et fixons notre prix en fonction de son besoin, de ses envies et du budget dont il dispose

Dans les nombreuses constructions et rénovations de la société, les particuliers constituent 60 % de la clientèle, âgés entre 40 et 70 ans. “Nous travaillons sur des maisons de bourg, de vigneron, des petits châteaux, des villas, des granges ou encore des maisons en piliers. Ce sont en général des restaurations où la maçonnerie demande beaucoup de temps. Nous avons réalisé par exemple des fontaines au parc Bargoin à Royat dont une octogonale avec un bassin arrondi. Nous ne faisons pas que présenter la facture. Nous encadrons véritablement le client et fixons notre prix en fonction de son besoin, de ses envies et du budget dont il dispose. Nous organisons des rendez-vous pour expliquer le devis, prestation par prestation ou présenter l’équipe qui travaille. Quand les gens rentrent chez eux, ils savent ce qu’ils payent et surtout pourquoi”.

Autre spécialité du groupe, c’est le taillage et le façonnage de la pierre de Volvic. Une qualité qu’Aimé Matrone entretient depuis plus de quinze ans. “Pour en faire profiter pleinement ses clients, mon père a décidé de fabriquer un produit similaire, MA, pour prévenir la rareté de la pierre, devenue de plus en plus chère. Cela permet ainsi d’avoir une qualité équivalente pour un prix plus abordable”. Une formule qu’il a décidé de léguer à Jean-Charles pour pouvoir monter sa propre structure. “Illusion Pierre a ainsi vu le jour pour façonner et créer des décorations de parquets et jardins. A partir d’anciens éléments de la région, j’essaie de raviver ce qui est perdu, à savoir recréer des bancs, des jardinières, des mangeoires ou des bassins.”

Tous ces efforts permettent de faire prospérer cette entreprise familiale avec 18 % du chiffre d’affaires qui évolue par an. Une donnée qui permet de regarder l’avenir avec sérénité et d’envisager de nombreux projets. “Nous cherchons à nous développer énormément dans la région, faire travailler des gens en Auvergne et ailleurs. Parfois, nous travaillons avec des Parisiens. L’idéal serait de pouvoir travailler sur le plan international pour apporter le savoir-faire français. C’est quelque chose que nous étudions avec la CCI de Clermont-Ferrand”. La publicité est devenue un atout important avec les réseaux sociaux comme Facebook, les flyers ou la participation à la foire internationale de Clermont-Cournon. Cependant, Jean-Charles Matrone, à l’âge de 28 ans, n’oublie pas que son rythme de travail, de 6h à 21h en semaine, a bien des inconvénients. “Il est difficile de gérer à la fois la vie privée et professionnelle. Je ne prends d’ailleurs aucun congé dans l’année par choix personnel. On voudrait embaucher mais je trouve qu’il est compliqué de trouver des gens aussi motivés et passionnés que nous.”

Située 5 rue de Grangevieille, un axe intéressant proche de l’autoroute, la SARL Aimé Matrone n’a pas fini de vouloir prouver sa valeur. Âgé de 59 ans, le père de Jean-Charles a obtenu encore il y a deux ans un diplôme de maître-artisan. “Nous avançons et nous faisons tout ce que nous pouvons pour continuer. On remarque que ceux qui y arrivent en général sont ceux qui ont connu la galère. Je me suis battu et j’ai frappé aux portes pour me faire connaître.”, conclût non sans fierté Jean-Charles Matrone.

Adrien Doussot



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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