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Street Art City, l’Allier terre d’accueil du Street Art

Street Art City, l’Allier terre d’accueil du Street Art

Street Art City, temple de la culture urbaine dans l’Allier, est souvent présenté comme la villa médicis de l’art de la rue. On serait tenté de trouver la comparaison osée. Oui mais ça c’est avant de l’avoir visité.


De la folie de l’Art

Seul site permanent en Europe et peut être au monde, Street Art City accueille sur ses 22 000m² de murs, façades et couloirs la plus grande exposition connue de peintures murales rassemblée en un même lieu. C’est à Lurcy Lévis, dans l’Allier qu’est née cette résidence d’artistes des rues dans un ancien centre de formation des PTT délaissé depuis 1992. Lorsque Gilles et Sylvie Iniesta l’achètent avec les 10 ha de terres et le château qui vont avec, ils sont loin d’imaginer ce que sera leur vie une dizaine d’années plus tard : un haut lieu de la création artistique contemporaine dédié au Street Art.

C’est Sylvie qui a eu l’idée. Pour la première fois les graffeurs étaient invités à recouvrir des murs non voués à la démolition et, avec la venue des premiers graphistes en 2015, tout est allé très vite.

On ne mesure pas assez la puissance des réseaux sociaux !

Une émulation se crée , souvent une collaboration

Ils sont logés, nourris, blanchis et disposent de tout le matériel mis à leur disposition pour n’avoir d’autre sujet de préoccupation que de créer. Rien ne leur est imposé, ni le thème ni la technique ni même le mur qui sera pour un temps le lieu d’expression de leur imaginaire. Leur accueil en résidence dure entre 1 à 3 semaines et permet l’échange et la coopération entre artistes car il entre dans le projet des propriétaires et animateurs du lieu de provoquer la rencontre et le partage d’expériences entre artistes du monde entier. Ce brassage des cultures donne souvent accès à une collaboration artistique d’artistes mélangeant leurs styles sur une même œuvre composite que personne ne revendique en son nom propre mais où l’œil averti reconnaît la signature de chacun.

Les artistes en résidence trouvent ici le soutien logistique qu’ils n’ont pas dans la rue ainsi qu’une visibilité que la renommée du lieu leur permet d’obtenir. Street Art City participe à la promotion des artistes et leur permet de passer du mur à la toile pour satisfaire les amateurs d’art qui ne peuvent que contempler les œuvres, frustrés de ne pouvoir les emporter. Or la migration du mur à la toile ne va pas de soi, c’est pourquoi un atelier spécialisé dans le travail sur toile est proposés aux résidents pour leur permettre de réaliser une production. Street Art City n’est pourtant pas une galerie d’Art : seuls les artistes accueillis en résidence peuvent vendre des œuvres.

Un rayonnement international

700 artistes ont séjourné à Lurcy Lévis depuis la création de la résidence en 2015. Près d’une centaine chaque année. Ils viennent du monde entier, France et Europe mais aussi Asie, Amérique latine, États Unis, Afrique.
Le centre n’a aucun mal à recruter : Gilles reconnaît recevoir 10 à 20 propositions par jour, souvent de parfaits inconnus, quelquefois d’ artistes consacrés : «  On ne cherche pas à attirer de grands noms mais s’ils viennent ils sont les bienvenus » Cette année un artiste américain dont le nom doit encore rester secret fera halte à Street Art City au cours de sa tournée en Europe. Pour les autres la sélection n’est pas basée sur la notoriété mais sur la qualité graphique : « Ce que l’on souhaite c’est montrer la variété des techniques, des approches, des styles mais on étudie aussi leur CV, on analyse leur portefolio et sa démarche. »
Le plus impressionnant est de voir Alanis, au artiste argentin habitué des lieux, peindre à distance au bout d’une perche des œuvres sur un pignon de 4 étages par petites touches, à la peinture

Actuellement 5 000 m² de murs sont peints mais le centre est en perpétuelle évolution et certains artistes sont déjà venus recouvrir leurs propres œuvres de nouvelles couleurs pour continuer à marquer l’esprit de l’art urbain : il est éphémère, destiné à se renouveler ou à disparaître mais jamais à durer. Son terrain de jeu est la friche urbaine comme ici à Lurcy Lévis, où les bâtiments affichent leur vétusté replaçant l’artiste dans les conditions du réel. Street art city n’est ni un musée ni une galerie d’art pourtant il raconte l’histoire de cet art de la rue né dans les années 60 aux USA. Sur le sujet Gilles pourrait écrire un livre tant il en est imprégné. Pour le moment le livre en gestation c’est celui de ce lieu qu’il est en train de porter .

Hôtel 128

Des 128 chambres qui composaient la partie hébergement de ce centre de formation, Gille en fera un hôtel … pour œuvres d’art uniquement. Les chambres ne seront pas restaurées mais livrées à l’interprétation des artistes : chacun la sienne, pour imaginer un univers singulier derrière chaque porte.
«  Tout est fourni, l’artiste n’a qu’une seule chose à penser : peindre, créer » . Il est placé dans une bulle, un laboratoire d’exploration artistique avec beaucoup de communication, d’échanges d’idées entre eux. Leur liberté de création est totale. Seule obligation : créer 2 toiles qui pourront être vendues à l’occasion des visites organisées par le centre. Un livre est en cours de préparation reprenant les œuvres et le parcours de chacun des artistes présent dans cette œuvre dans l’œuvre.
La souscription est lancée pour cet ouvrage unique destiné à durer après la disparition des œuvres.

Son modèle économique

Le financement actuel repose totalement sur fonds propre.  Des partenariats permettent toutefois d’alléger les frais engagés notamment pour l’achat des matériaux à des tarifs négociés ( Bombes et peinture ), de supports (toiles fabriquées en France) comme pour la location des nacelles pour peindre tout en haut des murs en toute sécurité.
Des fabricants ou revendeurs qui ont compris l’enjeu d’être au premier plan de ce projet gigantesque ; depuis sa création 13500 bombes et 4500 litres de peinture ont été utilisés.
Au fil du temps, il faut espérer qu’au delà des recettes propres, subventions et mécènes  viendront abonder le projet car cette aventure est faite de bénévolat, d’entraide et d’amour de l’art. En bon fils de paysan, Gilles Iniesta sait qu’ il faut « semer aujourd’hui pour récolter plus tard » . Or la notoriété ne s’est pas faite attendre ” On parle de Street Art City à Melbourne, à Hong Kong, à New York et Philadelphie, et nous attendons CNN, la télé Allemande, Hollandaise, Belge….” Des collectionneurs sont déjà là , les demandes de tournage pour des télévisions se font plus fréquentes et les visiteurs de plus en plus nombreux.

Si les télés ont largement contribué à faire émerger la renommés du centre au delà de l’Allier et de l’Auvergne, Gilles Iniesta veut maintenant convaincre les élus  conscients que Street Art City attire de nombreux visiteurs et peut contribuer à renforcer l’image d’une Auvergne dynamique. Intéressant si on pense que Lyon est une ville particulièrement accueillante et à l’écoute des artistes de rues.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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