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Agri, agro, véto, pêche

Un Auvergnat pionnier dans la culture des morilles

Un Auvergnat pionnier dans la culture des morilles

Champignon sauvage par excellence, la morille ne se laisse pas dompter si facilement. Il aura fallu 4 ans à Christophe Perchat pour apprivoiser un savoir-faire venu de Chine. Sa société, France Morilles, a réussi à lever 1 million d’euros auprès d’investisseurs privés et délivré 16 licences d’exploitation, principalement en région Auvergne-Rhône-Alpes.


Un signe du ciel pour un retour à la terre ?

Suite à une grave maladie entrainant une impossibilité de travailler, Christophe Perchat s’est tourné vers l’introspection. « Immobilisé, il a bien fallu que je m’interroge sur ce que j’aimais vraiment dans la vie. Cela peut paraître irrationnel, mais je me suis couché un soir en faisant une prière et le premier mot qui m’est venu à l’esprit le lendemain est le mot morille. » Une fois rétabli, Christophe Perchat entame des recherches auprès de la Chine, premier pays producteur et consommateur de champignons au monde. « En 2009, j’ai acheté les droits d’un brevet déposé dans le Sichuan et qui intègre deux axes : la culture biologique et la réduction des coûts de production. »

La naissance de France Morilles

Créée en 2011, France Morilles est une SAS au capital de 624 967 euros. Elle compte deux salariés, dont une chercheuse spécialisée en biologie moléculaire qui travaille en étroite collaboration avec l’INRA. « Nous avons réussi à lever un million d’euros auprès de 60 investisseurs privés. », se félicite Christophe Perchat en regrettant toutefois que lors de la phase de création aucune banque n’ait répondu présent pour accompagner le projet. Et pourtant, la reconnaissance est là puisque France Morilles a été récompensée au mois de novembre 2015 par le concours national FranceAgrimer dans la catégorie « projet agricole innovant ».

Des essais de culture qui remontent aux années 1870

« Il y a plus de 200 ans, le baron d’Yvoire a développé une méthode visant à déclencher la germination des spores de morilles. Mais il existe très peu de littérature scientifique sur le sujet. A la base, la morille est un champignon qui n’est pas cultivable. Le climat est déterminant. Le sol doit être aéré, riche d’un point de vue organique avec un PH idéal de 7,2. »

Pourtant, c’est à Saugues, en Haute-Loire que Christophe Perchat vient de délivrer des licences d’exploitation à 4 agriculteurs. Le climat y est plutôt rude et le PH des terres est de 5,5. « C’est un pari, en effet, mais je suis un enfant du pays et le Maire de Saugues m’a demandé de réfléchir au développement de notre activité sur sa commune. Par ma mère, je suis originaire de Saugues. Un de mes premiers souvenirs remonte à l’age de 4 ans lorsque, avec mon grand-père, nous sommes allés vendre à l’entreprise Bordes des cèpes que nous avions cueillis. »

Borgues SA, implantée sur la commune de Saugues, est le leader national et européen d’achat et de vente de champignons sauvages. La société détient 60 % de parts de marché dans la grande distribution. Il pourrait donc bien s’agir là d’un rapprochement stratégique pour France Morilles. Même si, aux dires de son président, la société se destine plutôt à la vente aux restaurateurs et aux particuliers.

Quoi qu’il en soit, la société qui était jusqu’ici en phase d’essai, attend le printemps avec impatience. La saison dernière, France Morilles avait sous-estimé les prédateurs et une partie de la récolte avait été perdue. Cette année, sauf aléa météorologique, la moisson de morilles semble bel et bien assurée.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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