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Tourisme, restauration

Eté 2014, une saison touristique en gris sous une météo dissuasive

Eté 2014, une saison touristique en gris sous une météo dissuasive
Delphine Levadoux, directrice du Novotel Clermont et vice-présidente du Club hôtelier clermontois

Après un mois de juillet qualifié par les opérateurs du tourisme de « catastrophique », Août, à peine meilleur, n’aura pas suffit à sauver la saison touristique 2014. Le point avec Delphine Levadoux, directrice du Novotel Clermont et vice-présidente du Club hôtelier clermontois.


Touriste où t’es ?

C’est une constante qui concerne la France entière et l’Auvergne n’y a pas échappé ; les vacanciers ont été moins nombreux cette année tant en juillet qu’en août. Première cause évoquée par les professionnels du tourisme, à 76 %, une météo catastrophique. Après un taux de satisfaction des prestataires du tourisme de 44 % en juillet contre 48 % en 2013, le mois d’août affiche 58 % contre 71 % en 2013.

Les intempéries du mois de juillet ont particulièrement affecté les prestataires d’activités de pleine nature et les campings. Les touristes de dernière minute ne se sont pas manifestés et, de surcroît, les annulations et départs anticipés ont été très nombreux estimés à un quart chez les professionnels et jusqu’à 30 % à 40 % en campings. L’activité touristique des départements du Cantal et de la Haute-Loire qui proposent des activités de pleine nature, a été très impactée par le déficit d’ensoleillement constaté tant en juillet qu’en août.

Le touriste étant particulièrement soluble dans l’eau, il a évité l’Auvergne voire la France, mais où sont donc passés ceux qui ont résisté à la pluie ?

Dans les musées, les monuments historiques, privilégiant les activités culturelles et les visites (taux de satisfaction de 79 %) sans toutefois compenser le manque de réservation dans les hébergements touristiques. Vulcania, au cœur de cet été particulièrement défavorable, a échappé à cette tendance et augmenté son attractivité de 3 %. Les hôtels partenaires proposant un « packaging » Vulcania + hôtel + petit déjeuner ont ainsi réussi à limiter la perte. Delphine LEVADOUX, directrice du Novotel, revendique une augmentation de 26 % de ce type de produit dans son établissement.

Une clientèle fidèle, attachée à l’Auvergne

La fidélité de la clientèle venant en Auvergne est le principal facteur de satisfaction des professionnels. Après une baisse marquée en juillet, cette clientèle, venue d’Ile-de-France et, plus que par le passé , de Bretagne, reste stable, globalement mais elle semble très en baisse à Clermont-Ferrand.

La clientèle étrangère a légèrement progressé (24 % de la fréquentation en juillet et 27 % en août) et si les Néerlandais restent leaders de la fréquentation étrangère, la clientèle belge progresse alors que la clientèle britannique et allemande stagne. Mais globalement, entre pouvoir d’achat en baisse et météo défavorable, l’Auvergne recule au profit des destinations « soleil ».

Même constat au Novotel de Clermont-Ferrand, proche de l’aéroport et sur le carrefour autoroutier A89 A71, A75, mais c’est la clientèle étrangère qui a compensé une perte de 13 % de la clientèle française, Néerlandais en tête : « Cela a été un été très surprenant avec une saison touristique très courte : 25 juillet/20 août, heureusement compensée par une clientèle business présente dès le 21 août et le retour des Américains que l’on ne voyait plus.»

Clermont-Ferrand, une ville étape

Plus que jamais Clermont-Ferrand s’est affirmée comme ville étape sur le chemin des vacances. Grâce à sa position centrale, la ville est susceptible de capter les flux migratoires de vacanciers de plus en plus nombreux à parcourir des autoroutes saturées du 15 juillet au 20 août.

Un constat partagé par les adhérents du Club hôtelier clermontois (48 hôtels) qui ont su mettre en place une stratégie marketing efficace pour « capter » ces touristes et ainsi « sauver » leur saison touristique : une visite sur le site Internet des hôtels de Clermont permet de comprendre combien la part des produits packagés est importante pour promouvoir la destination Auvergne. Par ailleurs, grâce à la mise en ligne de leurs plannings, les hôteliers membres du Club sont assurés de pouvoir satisfaire une clientèle dont la tendance est à réserver à la dernière minute : « Nous constatons de vrais changements dans les habitudes de consommation. Les ventes de dernière minute progressent. Les gens réservent alors qu’ils sont sur la route. Grâce à leur smartphone, ils savent qu’ils vont trouver un hébergement sur leur itinéraire. On s’en sort bien cette année grâce à cette clientèle de passage et à condition de s’ouvrir sur Internet à des offres promotionnelles de « early booking » et de « dernière minute ». La crise est là, le prix moyen a baissé chez tout le monde mais globalement les hôteliers clermontois sont plutôt contents. » explique Delphine Levadoux, directrice du Novotel Clermont et vice-présidente du Club hôtelier clermontois.

En conclusion

A ce jour, l’été 2012 reste la meilleure des 5 dernières saisons pour les campings et les chambres d’hôtes. Les propriétaires de meublés et gîtes et les sites de visite, quant à eux, notent l’été 2014 comme le meilleur. A Clermont, c’est 2013 qui fût une année exceptionnelle.

Selon les acteurs hors tourisme (boulangers, commerçants…), la part de clientèle touristique dans leur établissement est plus élevée en août. De leur point de vue, les Aoûtiens ont dépensé autant voire plus que leur clientèle habituelle.

En conclusion, seule une large promotion de produits visite + hôtel accolée à une forte présence sur le web facilitant la réservation de « dernière minute » et un travail en réseau a permis à bon nombre d’acteurs touristiques auvergnats de capter une clientèle extrêmement mobile cet été.

Au final, avec un panier de dépenses moyen stable, les touristes continuent à peser dans l’économie mais il est de plus en plus difficile d’aller les chercher.

1) Source : Enquête téléphonique réalisée par Novamétrie pour le compte du CRDTA les 25 et 26 août 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 300 professionnels du tourisme et de 100 acteurs de l’activité économique (hors tourisme) impactés par la fréquentation touristique (commerces de proximité, boulangeries, superettes, services…).

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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