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Le pire et le meilleur de la révolution numérique

Le pire et le meilleur de la révolution numérique

Un chronique de libre opinion de Marc Halevy : La rupture technologique fait passer, sous nos yeux, des technologies mécaniques aux technologies numériques. Avec ceci d’original que cette révolution numérique développe un facteur d’amplification jamais atteint jusqu’aujourd’hui.


Comme toujours, depuis la nuit des temps, une technologie n’est ni bonne ni mauvaise en soi, mais elle rend possible le pire et le meilleur.

Le meilleur

L’accès quasi gratuit à tous les savoirs (mais savoir n’est pas connaître).
La communication par écrit, son et image, quasi instantanée, avec quiconque, où qu’il soit (abolition des contraintes de temps et d’espace).
La libération, pour l’homme, des tâches fastidieuses, éreintantes, laborieuses, répétitives et inintelligentes grâce à des programmes informatiques et/ou des robots sophistiqués, tant sur le plan domestique que sur le plan professionnel (mais que fera l’homme de ce temps gagné et disponible ?).
Le développement de prothèses efficaces pour pallier certaines déficiences ou certains handicaps, pourvu que ceux-ci soient liés à des organes ou à des fonctions purement mécaniques, non complexes.
Le développement de talents ou capacités mentales jusque là laissés en friche du fait des outils et méthodes liés aux seules approches livresques (qui demeureront néanmoins essentielles).
La désaliénation du travail avec l’abolition progressive du salariat et la réappropriation, par chacun, de son propre fonds de commerce professionnel, avec, donc, le passage de l’entreprise de salariés à l’entreprise d’associés.
Le développement rapide du télétravail et la marginalisation des fastidieuses navettes onéreuses et inutiles, destructrices de temps utile et productrices de stress inutile.
Le désengorgement des grandes villes métropolitaines au profit des petites villes et bourgs de province où se cultive la qualité de la vie.

Le pire

La confusion entre savoir et connaissance : ce n’est pas parce que l’on peut trouver la réponse factuelle à une question, que l’on est capable de penser cette question et de critiquer ou mettre en œuvre intelligemment la réponse.
La crétinisation et la lobotomisation des masses par l’audiovisuel triomphant aux mains de vendeurs d’usines numériques destinées à fabriquer de la paresse mentale et physique sur mesure.
La mythologie absurde du transhumanisme et de ses idéologues apprentis-sorciers qui font rêver d’immortalité et d’humanité augmentée alors que la science sérieuse n’est de loin pas encore capable de comprendre les processus de base d’une simple cellule vivante.
L’assuétude hystérique à toutes les formes de connexion qui rendent impossibles les indispensables et vitales plages temporelles destinées à l’intimité, à l’intériorité, à la solitude et au silence.
La perte totale du contrôle de soi et de son libre-arbitre par la généralisation du big-data qui vise une totale esclavagisation de l’humanité au profit des vendeurs de facilité et de paresse.
Le déni de réalité des systèmes éducatifs qui se révèlent incapables de faire leur deuil de leurs principes pédagogiques gauchisants et obsolètes, et d’anticiper les hauts besoins de virtuosité du futur.

Ces deux listes n’ont pas la prétention d’être exhaustives. Elles tentent seulement de montrer des pistes et des dangers qu’il serait fou de ne pas prendre au sérieux.

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Une rubrique de libre opinion du Journal de l’éco

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