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MATHIEU-ROBERT JOURDA : Le problème essentiel de notre pays ne figure sur aucun programme des candidats à la Présidence.

MATHIEU-ROBERT JOURDA : Le problème essentiel de notre pays ne figure sur aucun programme des candidats à la Présidence.

Une chronique de libre opinion de Mathieu-Robert Jourda :
Alors je leur dis : chers candidats de tout bord et de tout rang, allez, soyez francs, votre motivation pour ce poste est la gloire qu’il comporte. Moi aussi j’aurais bien aimé bien être Président de la république, j’en ai rêvé au même âge que François H., mais devenu adulte et ayant conscience de mon authentique envie d’accomplissement (je vous en fais la confidence, aussi surprenante qu’elle soit, c’était : « écrire ») j’ai compris que mon vrai bonheur serait de réussir ce que je me sens capable de réussir.


Je dis ça parce que je sens beaucoup d’esprit adolescent dans cette intention de nos grands hommes, grands par l’âge et le vécu et pas vraiment au niveau de l’âme, me semble-t-il, et je m’en explique. Tous les candidats se représentent la Présidence comme une royauté, ils se voient Louis XIV sans le costume ridicule, éventuellement Napoléon chef des armées, ou plus modestement Clovis qui transforme la Gaule en France en unifiant les Francs et renvoyant les purs Germains dans leur pays d’origine. Ils ont oublié qu’ils ne seront pas Président de France, mais de la République, autrement dit que c’est le peuple qui est souverain et que leur rôle sera d’incarner et d’assurer ce pouvoir suprême collectif. Cette saine conception, si elle était vraiment présente dans leur esprit, les amènerait à définir l’attente essentielle des citoyens pour au moins les cinq ans qui viennent. Pour faire référence au dernier royal Président de notre pays, leur discours devrait commencer par un « Je vous ai compris » et exposer le problème à résoudre qu’ils ont la volonté de résoudre, ensuite de quoi les citoyens choisiraient le plus digne de confiance.

Les prétendants qui montent aujourd’hui à la tribune, une bonne vingtaine, sont victimes, outre cette non-conscience de la responsabilité fondamentale, de la situation de concurrence. Ils sont en situation de rivalité, ce qui n’existait pas au temps de la royauté, et presque pas au temps de De Gaulle, il ne s’agit plus pour eux de présenter la meilleure analyse mais la soi-disant meilleure solution, et comme ils n’ont aucune vision globale, c’est-à-dire aucune maîtrise du sujet à traiter, ils étalent, comme des représentants de commerce, un catalogue de mesures concrètes qui répondent aux désirs les plus vifs et immédiats. Les plus habiles dans cette démarche de marketing électoral sont les extrêmes des deux bords : ils bondissent sur les solutions politiques que les citoyens, dépassés par les événements, ressentent épidermiquement comme les décisions qui leur feraient le plus plaisir. Ces citoyens-là sont à plaindre plutôt qu’à blâmer.

Ceci étant dit, vais-je avoir l’audace de donner une leçon d’exercice de l’intelligence à ces personnages éminents ? Eh bien oui, je vais le faire. J’ai dit ce qui s’impose à notre futur Président : identifier le problème essentiel de notre pays. Voici donc, très synthétisée, mon analyse :

Il faut donner du bonheur de vivre à tous ceux qui vivent chez nous.

Du bonheur, vous dis-je, et pas du revenu. Bien sûr le revenu est indispensable pour vivre tout court, mais pour vivre heureux quel que soit le revenu, il faut avoir un travail, n’importe quel travail, mais qui soit à la fois ce qu’on sait faire et ce qu’on a envie de faire et qu’il soit reconnu comme une contribution positive à la vie de la Nation, aussi humble soit-il.

Vous voyez, je suis nationaliste, socialiste et conservateur à la fois. Je pourrais vous en dire davantage en traitant le problème des mesures nécessaires, mais, je vous l’ai dit récemment, l’Economie est devenue une bête féroce qu’on ne sait pas trop comment apprivoiser, donc je demanderais du temps pour faire surgir des solutions opportunes. Hélas ces solutions, tous les candidats actuels les ont sur l’étalage, alors je n’ai aucune chance d’être entendu. Je retire ma candidature, vous souhaite bonne chance et retourne à mon travail où j’ai tant de plaisir.

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