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Surprenant : l’INSEE affirme que depuis 2002 l’inflation est restée modérée au regard du passé

Surprenant : l’INSEE affirme que depuis 2002 l’inflation est restée modérée au regard du passé

De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. Cette inflation est inférieure à celle des quinze années précédentes (+ 2,1 % en moyenne entre 1986 et 2001).
Pourtant, le passage à l’euro en 2002 a nettement accru la divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages… surprenant ?


Marie Leclair (Division des prix à la consommation de l’INSEE) et Vladimir Passeron, (Département de la conjoncture de l’INSEE) ont publié sur le site de l’INSEE une étude qui va à l’encontre d’un sentiment largement partagé par les internautes sur les réseaux sociaux.

Statistiques en main, cette étude démontre que la perception d’écart s’explique en partie par le fait que les consommateurs sont plus sensibles à l’évolution des produits achetés fréquemment, dont ils se rappellent plus facilement le dernier prix valorisé en francs. Une référence qui s’éloigne dans le temps au fil des ans.

Or, si les prix de ces produits ont été revalorisés plus fortement lors du basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros, leur hausse depuis quinze ans n’est pas plus prononcée qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro.

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Depuis quinze ans et le passage à l’euro en 2002, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an.
C’est nettement inférieur au rythme moyen de l’après-guerre au milieu des années 80 (+ 10,1 % par an en moyenne).
C’est aussi un peu moins qu’au cours des quinze années précédentes (+ 2,1 % entre 1986 et 2001), période au cours de laquelle le contre-choc pétrolier, les baisses de TVA, les politiques de convergence et de stabilité des prix, suite au traité de Maastricht, avaient permis d’entrer dans une phase d’inflation modérée qui dure encore. Enfin, cette hausse des prix depuis 2002 est proche de l’inflation mesurée en moyenne dans la zone euro (+ 1,7 % en moyenne par an).

Aussi, alors que les rythmes d’inflation fluctuaient beaucoup lors des Trente glorieuses, au gré des mesures de contrôle et de régulation des prix, la période actuelle se caractérise par de faibles fluctuations d’une année sur l’autre.

Au cours des quinze dernières années, l’inflation n’a ainsi dépassé le seuil de 2,0 % qu’à quatre reprises (2003, 2004, 2008 et 2011), avec des causes extérieures en général bien identifiées, telles que les variations des conditions climatiques (produits alimentaires frais, en 2003, 2004 et 2008), l’environnement géopolitique (produits pétroliers, 2008 et 2011) ou des décisions de santé publique (tabac).
Inversement, l’inflation a quasiment stagné en 2009, 2015 et 2016, avec à chaque fois un effet prépondérant du repli des cours internationaux de matières premières, notamment du pétrole.

L’inflation des années qui ont suivi le choc du passage à l’euro au 1er janvier 2002 n’a pas été atypique. La conversion en euros des prix en francs a certes entraîné une hausse des prix, via notamment le basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros.
Mais les évaluations menées à partir des données microéconomiques de prix ont conclu à un impact modéré du passage à l’euro, de l’ordre de + 0,1 % à + 0,2 % sur les prix (Gallot, 2002, Attal-Toubert et alii , 2002).

Pour savoir plus, voir le site de l’Insee


Frédéric Coureau
Directeur des publications

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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