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Histoires et contes d’entrepreneurs : Marc-Alexis Roquejoffre, portrait d’un « journaliste-entrepreneur » porteur de sens

Histoires et contes d’entrepreneurs : Marc-Alexis Roquejoffre, portrait d’un « journaliste-entrepreneur » porteur de sens

Entre récit de vie et conte légendaire, Gilles Flichy et Emmanuel de Lattre nous retracent le parcours de Marc Alexis Roquejoffre, journaliste Radio/Télévision/Web Multimédia.


Histoire d’entrepreneur de Marc Alexis Roquejoffre par Gilles Flichy

C’est à l’âge de 15 ans que le jeune Limousin Marc-Alexis Roquejoffre a rejoint Clermont Ferrand avec sa petite sœur, là où leur mère, infirmière, a choisi de venir s’installer pour offrir à ses enfants un climat et un environnement à la fois sain et favorable. Il y suit un parcours scolaire sans histoires dans le privé à Masillon puis à Blaise Pascal à partir de la seconde. De mémoire d’enfance, il a toujours voulu être journaliste mu par une immense curiosité et le désir intarissable d’essayer sans cesse de comprendre ce qui se joue et se cache derrière un visage ou une action. Il me raconte au détour cette anecdote : « Quand je n’étais pas sage, maman me privait du journal de 20h et s’était pour moi beaucoup plus dur que d’être privé de dessert ».

S’en suit un parcours conforme à sa vocation choisie et pleinement assumée qui le conduira à une carrière  rondement menée jalonnée par les responsabilités, les succès et les honneurs qu’il ne doit qu’à sa volonté,  son audace, sa détermination et son talent. Son statut de parachuté clermontois qui ne peut, ni s’appuyer, ni se reposer sur  son ancrage historique, géographique et familial le met au défi de conquérir chèrement sa place au soleil dans un microcosme et une nomenklatura  Clermontoise qui ne l’attendent pas et ne lui facilitent pas la tâche.

Aujourd’hui, alors qu’il a su conquérir une place en vue au cœur de l’acropole clermontoise, il contemple avec joie et satisfaction, sans fausse modestie de circonstance, son parcours envié de dirigeant de radio qui tenu en haleine le tout Clermont lors de ses nombreux interviews radio sur RCF, ses 350 interviews TV sur Clermont 1ére, et ses 100 interviews web TV sur« Fans d’Auvergne » où il a reçu les élites politiques, économiques et social de la région. Reconnu par ses pairs et fait Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques, il a présidé aux destinées du Club de la presse Auvergne avant de se laisser tenter par les sirènes du métier de producteur à travers son émission « vues d’Auvergne » qui se propose de revisiter les lieux d’exception et les trésors de l’Auvergne si chère à son cœur.

Quand il évoque ses interviews, une lumière s’allume dans ses yeux noirs qui vous observent en profondeur et il ne peut s’empêcher d’exprimer sa préférence avérée pour cette forme de journalisme audiovisuel de confrontation. Il raconte ses innombrables interviews qui le parachutent en direct et sans filet dans l’arène, face à ses interlocuteur à travers des échanges vrais où l’émotion affleure et s’impose, souvent imprévisible, et l’impacte lui, le confesseur cathodique, de plein fouet.  Il explique sa réaction du journaliste plongé dans la gestion de l’incertitude et du danger qui évolue en équilibre sur le fil du rasoir entre le feu dévastateur de sa curiosité insatiable et la volonté de ne pas franchir le Rubicon guidé par le soucis, bienveillant et professionnel, d’éviter de trop exposer son interlocuteur. Il nous amène de l’autre côté de la frontière là ou s’élaborent les masques de la séduction et autres manipulations qui troublent et déforment notre perception de la vérité nue.

Il se souvient aussi avec bonheur de son interview de Jean-Dominique Senard qui vient d’accéder à la tête de Michelin à l’occasion de son soixantième anniversaire. Marc-Alexis lui fait remarquer qu’à l’heure où la plupart ne pense plus qu’à s’arrêter et à se reposer, il ose, lui, se lancer avec audace dans l’une des périodes les plus risquée de son parcours professionnel. Il obtient en retour, et comme pour mieux ancrer la réponse, le sourire bienveillant de Jean-Dominique Senard qui en dit long sur la profondeur de son engagement responsable au service des autres.

Après avoir appris par hasard, en lisant le journal, que son émission « Guide privé » allait s’arrêter sur la chaine TV Clermont 1ére il est contacté en 2012 par Didier Ardouin et Jean-François Devaux, respectivement DG et Président, du Crédit Mutuel du Massif Central. Ils le mettent dans la confidence de la création d’un nouveau site dont la marque est « Fan d’Auvergne » et lui proposent d’interviewer des personnalités et donc de poursuivre sur une web TV son émission « Guide privé » avec une inflexion marquée sur l’entreprenariat.

Parallèlement, n’en déplaise à certain, il rebondit de façon énergique et audacieuse et se lance dans le projet « Vues d’Auvergne » afin de montrer le territoire autrement. Il s’appuie sur un triptyque en choisissant des lieux coup de cœur, en montrant des images aériennes qui leur donnent une autre dimension et en mettant en valeur ce que les hommes et les femmes de ces territoires en font.

Aujourd’hui, Marc-Alexis a construit une sécurité intérieure et extérieure qui l’amène à se décentrer d’une quête exclusive de réussite personnelle pour se tourner tout naturellement vers les autres et rendre à la vie et au territoire auvergnat ce qui lui ont tant donné ; à savoir, un métier, le plaisir d’être en lien, la confiance d’un grand nombre de décideurs, une assise sociale, une notoriété et le sentiment d’être heureux et équilibré aussi à titre personnel.

Marc-Alexis reconnait que son métier a changé et l’a changé. « On ne peut plus être seulement témoin des faits. On doit épouser les dimensions : risque, responsabilité et implication »

Tournant le dos, aussi bien au journalisme d’investigation considéré jusqu’à ce jour comme la voie royale de la profession, qu’au journalisme d’opinion qui privilégie la prise de position sur l’analyse, Marc-Alexis explique qu’il y a de la place, entre les deux, pour un journalisme davantage tourné vers la quête du sens. Ce nouveau journalisme qu’il décrit et appelle de ses vœux, pratique la bienveillance, se fonde sur un questionnement réfléchi et responsable, privilégie la compréhension des choses sans évacuer l’absence de transparence. Rejetant la tyrannie du « tout noir ou blanc » il préfère amener ses auditeurs vers une compréhension juste et factuelle de leur environnement. Il se propose de façon libre et indépendante, de raconter la vie de différents porteurs de projets en se centrant sur l’envie, l’idée et l’ambition du territoire, de la communauté ou du groupe qui les fondent. Il rajoute pour illustrer son propos « Le journaliste ne sera jamais un politique, un enseignant, un soignant ou un banquier mais il peut être la charnière de toutes les dimensions qu’ils représentent »

Nous comprenons mieux, a ce stade, ce qui dans les pas de Bernanos l’a conduit à s’atteler à l’écriture de la biographie d’un « Juste » Auvergnat à la vie si paradoxale et controversée, Monseigneur Piguet. Tel un « Soulage de l’écriture » il sait déceler avec sagacité et perspicacité, à travers l’extrême complexité des nuances du noir, les signes lumineux qui préfigurent l’éclosion de l’âme humaine au cœur d’une immanence ineffable et rédemptrice. C’est aussi cette quête de l’intime qui le conduit il y a cinq ans à écrire et co réalisé avec Barcha Baueur « le promeneur du lac Chauvet ». Un documentaire de 52 minutes pour france télévision, sur les raisons du besoin de François Mitterrand de se ressourcer en marchant autour de ce lac d’Auvergne, chaque année durant 30 ans.

Fort de son expériences, de ses rencontres et de ses contacts, Marc-Alexis a le sentiment d’avoir en mains des leviers qui lui permettent de servir autrement l’Auvergne et il me fait dévoile son projet « je peux contribuer à faire exister le territoire dans toutes ses dimensions parce que le grand territoire ARA nécessite que l’on s’attache à la proximité et à la localité». Il se décrit aujourd’hui comme  une sorte « d’entrepreneur de la dimension sociale et humaine » qui contribue à des projets de développement en proposant ses services d’intermédiaire entre les décideurs et les acteurs à la manière d’un « Passeur ».

Confiant en lui comme en l’avenir de l’Auvergne il réaffirme « j’ai envie de m’engager dans cette logique et d’utiliser les leviers que j’ai construit pour rendre au territoire ce qu’il m’a donné » et l’œil plein de malice et de sagesse il me confie qu’à l’heure de son dernier départ il s’entend déjà dire par un dieu bienveillant et clairvoyant « il était temps que tu arrives ! » reconnaissant ainsi humblement qu’il est sage de se garder, en toute circonstances ,de se croire invincible, de se laisser déborder ou de s’encrouter.

Confrontation de l’histoire de Marc Alexis Roquejoffre à l’univers des contes par Emmanuel de Lattre

Le village vient d’apprendre qu’il ne reçoit plus personne. Il a décidé d’arrêter de recevoir les demandes et sollicitations de rendez-vous que tous les villageois lui adressaient. Pendant des années durant, le moindre conflit familial, la moindre mésentente au sein d’un groupe d’enfants, d’un couple, d’une profession ou d’un clan, la moindre maladie immobilisante se soignait chez lui. Pendant des années durant, ses murs et ses oreilles ont recueilli les doléances et les espoirs, les manques d’amour et de reconnaissance, les manques d’écoute et de regards. Et après toutes ces années, il vient de décider qu’il ne recevrait plus personne. Il a décidé de se consacrer uniquement à ses propres enfants.

Après 3 jours de palabres, le conseil municipal décide d’envoyer une délégation officielle pour le prier de venir raconter à tout le monde tout ce qu’il sait sur la place du village. Le vieux accepte et suit la délégation officielle jusqu’à la place sur laquelle les villageois sont déjà assemblés. Le vieux demande : ‘Est-ce que vous savez ce que je vais vous dire ?’
– Non, répondent en chœur les habitants
– Alors, je n’ai rien à dire à une bande d’ignorants.
Et il s’en retourne chez lui. Le nouveau conseil municipal délibère longuement avant de décider de joindre l’harmonie, les majorettes et les géants protecteurs à la délégation très officielle pour renouveler leur demande.

Le vieux accepte et suit la procession jusqu’à la place sur laquelle les villageois et ceux d’autres villages sont déjà assemblés.
– Est-ce que vous savez ce que je vais vous dire ?
– Oui, répondent en chœur les habitants
– Alors, je n’ai plus rien à vous apprendre.
Et il s’en retourne chez lui. Le nouveau conseil municipal délibère longuement avant de décider d’adjoindre les jeunes enfants en tête de la très officielle procession pour reconduire leur demande.

Le vieux accepte et donnant la main aux enfants, il arrive sur la place du village et s’assied face aux micros et caméras que les villageois et ceux d’autres villages ont branchés pour lui.
– Est-ce que vous savez ce que je vais vous dire ?
– Oui, répondent certains.
– Non, répondent les autres.
Après avoir pris le temps de regarder chacun dans les yeux, le vieux a patiemment répondu :
– Que ceux qui savent, se mettent de ce côté et qu’ils expliquent à ceux qui ne savent pas.
Et il s’en est retourné chez lui.

Et c’est ainsi que semaine après semaine, le vieux est venu sur la place du village pour enseigner à ceux qui savent ce que les autres ne savent pas. Ainsi a-t-il continué à transmettre cet art subtil et essentiel qu’est l’art de se relier. Relier les membres de différents villages pour empêcher les guerres. Relier les différentes parties d’une même famille pour résoudre les conflits. Relier les différents états d’un individu pour guérir sa maladie.

Il paraîtrait qu’aujourd’hui encore on vient de lointaines contrées juste pour rencontrer l’un de ces villageois.
Ainsi en va-t-il de Marc-Alexis, attaché à son territoire et à ses habitants, attaché à la richesse de la terre et à la générosité des hommes, attaché par ces liens de lumière qui font rayonner la Vie.

Réaction de Marc Alexis Roquejoffre à la découverte de ce conte

Je suis touché par ce conte basé sur la transmission de lien et de ses forces et nécessités. Il m’inspire le temps qui passe, la force de la mise en relation, de l’écoute, de la transmission.

Ce conte fait naître en moi, le visage de ce vieil homme qui a longtemps écouté, reçu, conseillé par un silence approbateur et bienveillant, et qui un jour veut lui aussi, dire, exprimer, répondre. Le silence apporte le réconfort, l’écoute offre la retenue et la distance nécessaires à l’analyse des situations. Et un jour, celles et ceux qui savent écouter ressentent le besoin de s’exprimer, de donner leur vision du monde, de transmettre à leur tout ce qu’ils ont reçu.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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