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Eric CINOTTI (SNCF) : « Un bon esprit en Auvergne »

Eric CINOTTI (SNCF) : « Un bon esprit en Auvergne »
Eric CINOTTI, le nouveau directeur régional Auvergne SNCF

Invité du petit déjeuner hebdomadaire du Club de la presse, Eric CINOTTI, le nouveau directeur régional Auvergne de la SNCF a abordé en toute simplicité et clarté les sujets de la gare de Bercy, la future grande région, la nouvelle loi ferroviaire, le dialogue social, la lutte contre la fraude, les travaux clermontois et l’engagement citoyen du fleuron des transports publics français. Morceaux choisis…


A l’heure du café et des croissants vendredi matin, celui qui a succédé à Jacky Lion fin mars dernier s’est prêté en toute confiance au jeu des questions – réponses des journalistes au Club de la presse. « J’ai voulu venir en Auvergne, je ressens ici un bon esprit du fait du grand attachement des cheminots à la SNCF, à leur territoire et leur envie de bien faire. » Il y a effectivement moins de tension en province qu’à la gare de Paris Bercy, lieu d’arrivée critiqué des trains Corail Clermont-Fd / Paris. Face à ce sentiment de relégation, il préfère positiver ce choix : « Le grand avantage de cette gare est sa facilité d’accès pour les piétons depuis la gare de Lyon et le métro. Je suis en discussion pour voir les améliorations possibles, car cette ligne est d’autant plus vitale pour les auvergnats que la relation aérienne est faible. » Concernant le retard à l’arrivée des trains, il souligne les fruits du plan d’actions mis en œuvre en 2012. « La mise en tension des cheminots et les investissements d’infrastructures (55 millions d’€uros d’achats de locomotives et de rénovation des rames) améliorent la ponctualité des 8 allers-retours quotidiens. » L’État envisage l’achat de nouveaux matériels à l’horizon 2020. La Région a elle choisi d’acquérir de nouvelles rames TER pour renforcer les lignes nord-sud Moulins-Clermont-Brioude et est-ouest Thiers-Clermont. « Cet engagement dans le ferroviaire doit permettre de renforcer l’offre de transports, en parallèle de la nouvelle concurrence du covoiturage ». Le problème de notoriété du TER et la question de billetterie unique ne sont pas éludés, la SNCF y réfléchit.

Responsabilité totale des transports publics pour la Grande région ?

« La nouvelle région devrait obtenir la responsabilité totale des transports publics. Le focus devrait être fait sur les lignes interrégionales, notamment le train bolide de 2h entre Clermont et Lyon. » La réforme territoriale structurera davantage l’offre des transports, les usagers ne s’en plaindront pas. D’autant que « la nouvelle loi sur le système ferroviaire va centraliser l’activité de pilotage général, des missions régaliennes (RH, sécurité), du réseau ferré et des services techniques et de production dans la seule et unique entité  SNCF, qui regroupera au 1er janvier 2015, la SNCF, le Réseau Ferré de France (RFF) et SNCF Mobilité (vente et services techniques). » Rappelons que cette loi désormais promulguée avait fait l’objet d’un conflit lourd (12 jours de grève en juin dernier, à l’heure des premiers départs en vacances)… « et mauvais pour le public, les grévistes et la direction, ce qui met à jour les limites du dialogue social. Certains grévistes ont minoré la difficulté de se développer dans un contexte de contraintes financières, liées à la dette d’investissement (36 milliards d’€uros). » Tandis que les négociations vont démarrer bientôt sur le cadre social à la nouvelle organisation du travail…

TGV à Clermont-Fd au point mort

L’argent manquant, il se trouve en partie dans les poches « des contrevenants qui déploient des trésors d’ingéniosité pour resquiller ». Estimé à 300 millions d’€uros (équivalent à 10 TGV ou 30 rames régionales), la SNCF entend lutter plus significativement contre la fraude en 2014-15, avec un accueil filtrage sur les quais, une réforme législative pour lever des freins juridiques, la réduction de la durée de validité des billets, l’opération des cheminots auprès des voyageurs… L’arrivée du TGV à Clermont-Ferrand reste un sujet sans réponse sur la table, « pour lequel, en tant qu’exploitant nous n’avons aucune prise, même si je reste persuadé qu’il se fera. » Sur le front de la sécurité, l’accident de Brétigny-sur-Orge marque les mémoires, et mobilise de fait une grande vigilance de la direction. « C’est justement parce que notre transport est sûr que nous attachons une veille particulière à la prévention des accidents. La sécurité est notre valeur n°1. »

Parking et halls d’accueil bientôt en travaux

Les travaux de la gare de Clermont-Ferrand touchent à leur terme. Du moins pour le parvis et l‘accès aux quais… « Vingt millions d’€uros y ont été consacrés, financés pour moitié par l’agglomération et la SNCF. » Mais attention, « de nouveaux travaux sont prévus pour accroître la capacité du parking à 420 places, avec une structure métallique à étage, et améliorer les parties restauration et guichets dans le hall d’accueil. » Les voyageurs attendront 18 mois supplémentaires pour jouir d’une gare totalement modernisée. Patience est mère de toutes les vertus.

Si le fleuron des transports publics français cristallise l’insatisfaction des usagers (retard des trains, grèves incomprises, qualité des services), il n’en demeure pas moins que la SNCF est un acteur indispensable dans la vie des citoyens qui oublient souvent que ce sont d’abord des femmes et des hommes à leur service (3 900 cheminots en Auvergne) au quotidien. Un engagement dans la Cité qui gagnerait à être plus connu. La SNCF conduit des actions citoyennes comme un programme sur l’illettrisme, l’éducation des enfants à la sécurité dans les écoles, des actions de propreté faisant appel aux services pénitenciers de réinsertion, de la vente de paniers fraîcheur par les producteurs locaux, le « Girls’ day » mettant en valeur les cheminotes et la mixité grandissante des métiers, et même… un piano en libre service dans la gare de Vichy !

Ces espaces de vie où la SNCF s’évertue à mettre en œuvre de bonnes conditions d’accueil, de services et de transport. Des domaines où la tâche ne lui sera jamais simple, tant les attentes sont grandes.

Le parcours professionnel d’Eric CINOTTI :

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et du Centre de Formation des Journalistes.
1991-1999 : Groupe SNCF (attaché de presse, responsable du Pôle Relations Extérieures à la Direction Grandes Lignes, chef de cabinet du Directeur Grandes Lignes puis du Directeur général délégué Clientèles).
1999-2003 : Connex (Groupe Veolia), en Grande-Bretagne
2003 : retour dans le Groupe SNCF (directeur d’établissement : en Franche Comté, en Bourgogne puis à Paris) ; en 2012, Directeur adjoint de la région de Paris Est et Directeur des lignes Transilien E, P et T4 ; en juillet 2013, mandat d’accompagnement des victimes et du suivi des enquêtes sur l’accident de Brétigny-sur-Orge.
Mars 2014 : succession de Jacky Lion, à la tête de la direction Auvergne – Bourgogne Ouest.

Texte et photos par Jean Seppak

 

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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