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BTP, Construction, Immobilier

Histoires et Contes d’entrepreneurs : « L’alliance du bon sens et de la prospective au service de l’entreprenariat familial »

Histoires et Contes d’entrepreneurs : « L’alliance du bon sens et de la prospective au service de l’entreprenariat familial »

Entre récit de vie et conte légendaire, Gilles Flichy et Emmanuel de Lattre nous retracent le parcours de Laurent Etellin, dirigeant repreneur du Groupe Etellin.


Histoire d’entrepreneur de Laurent Etellin par Gilles Flichy

Laurent Etellin tout comme son épouse ont été profondément modelés dès leur plus jeune âge dans le creuset de l’entreprenariat à la croisée de deux histoires familiales qui présentent bien des similitudes.

Après une enfance paisible et sans nuages apparents, épicée par la passion du sport et de la compétition, Laurent parcourt avec régularité et succès ses études sans rencontrer de difficultés majeures.

Marqué par La culture entrepreneuriale de sa famille, il ne se berce pas d’illusion ni ne rêve à d’autres destinées professionnelles. De nature réservée et discrète  il est aussi enclin aux échanges et au dialogue et cultive au quotidien une énergie discrète et volontaire matinée d’un pragmatisme qui l’attache à la réalité et à ses exigences. Homme pressé, Laurent sait cultiver la prudence, la souplesse, la subtilité et l’endurance qui se jouent de son impatience et de son impulsivité.

Ne nous y trompons pas, si sa nature aérienne est avide de liberté, de voyages et de grands espaces, il se garde bien d’envolées lyrique dans le monde de la science-fiction ou des contes de fée auxquels il préfère délibérément l’aventure entrepreneuriale et sa panoplie du parfait manager. Dans cette perspective il préserve jalousement sa liberté d’action et conjugue avec dextérité et talent son gout du travail et l’exercice de la stratégie et de l’organisation. Pour ce faire il s’appuie  systématiquement sur ses crédos : la gestion par objectifs, et la proximité avec ses collaborateurs

Suite au décès accidentel de son grand père, le mythique fondateur en 1946 de l’entreprise Etellin, spécialisée dans le négoce de matériaux de construction, une onde choc se propage dans l’entreprise et la famille alors que Laurent n’a qu’un an. Son père, rentré dans l’entreprise 4 ans auparavant, n’a pas d’autre choix que de reprendre les rênes de cette entreprise de 12 salariés. Il a l’intelligence de s’associer avec son beau-frère afin de créer un binôme complémentaire, le premier étant davantage gestionnaire et le second plus commercial. Après des études au CES de Chamalières puis au Lycée Blaise Pascal alors qu’il a 18 ans, en 1985, il fait le choix délibéré de devenir le repreneur de l’entreprise familiale, sur les traces de son grand père mythique et respecté qui a fondé l’entreprise puis de son père et de son oncle qui ont succédé. Il veut clairement être libre, décider par lui-même et ne pas subir l’autorité de la hiérarchie. Sur ce point, ayant travaillé régulièrement l’été dans l’entreprise dès l’âge de 16 ans en participant aux réunions nationales de BIGMAT enseigne à laquelle venait d’adhérer l’entreprise. Son père est favorable à son projet mais ne sera pas pour autant moteur de son intégration immédiate souhaitant au paravent qu’il acquiert une expérience à l’extérieur de l’entreprise. Son positionnement, d’avoir été le premier et le seul à exprimer son ambition, sera encouragée par son oncle qui va l’accompagner utilement et avec bienveillance dans cette direction.

Décision prise de devenir entrepreneur indépendant, guidée par l’opportunité de pouvoir reprendre l’entreprise familiale, il est confronté à un premier échec consécutif à l’obtention d’une note humiliante à son bac de Français. Cet incident mal vécu l’amène à prendre conscience de ses lacunes. Il se ressaisi et transforme cet échec en défi de « s’y mettre à fond ». Bac en poche il fait le choix simultané de faire une école de commerce l’IPAG à Paris et de préparer le DESCF guidé par son gout pour les domaines comptables et juridiques et dans l’idée de devenir techniquement performant face à son choix de reprise de l’entreprise.

C’est en 90 qu’il rencontre Marie Christine celle qui va partager sa vie puis sa passion pour l’entreprenariat à la tête de l’entreprise Etellin.  Parisienne et elle-même fille d’un entrepreneur dont le parcours ressemble à s’y méprendre à celui de son grand père. Elle a également intégrée  une école de commerce à Paris.

Son diplôme obtenu, en 90, il fait le choix de devenir volontaire du Service National en Entreprise  auprès d’une filiale de la CGPME situé à La Défense, l’API PME, qui est une agence de promotion internationale des PME. Il se voit confier le secteur de la Suisse et recherche pendant un an des entreprises candidates à l’Export qu’il va suivre  en réalisant leur dossier sur place en Suisse. Cette mission va lui laisser le loisir de finir parallèlement dans le cadre du CNED son diplôme DESCF et lui offrir L’opportunité de découvrir autre chose que l’entreprise familiale.

Sa mission réalisée il rejoint en 92, comme prévu, l’entreprise familiale et se réjouit que Marie Christine accepte de le suivre à Clermont malgré une belle situation d’Auditeur interne au sein du groupe ACCOR à Paris.

Laurent  deviendra pendant 10 ans directeur-adjoint aux côtés du duo de son père et de son oncle. Mettant en pratique sa décision et son mémoire d’entreprise : « L’avantage d’une holding pour la reprise d’une entreprise familiale», Il va s’atteler sans plus tarder à réaliser avec détermination la transmission juridique et financière de l’entreprise sans arriver à ce que les dirigeants en poste consentent à fixer une date. En 96 il décide de reprendre le fonds de commerce d’un magasin de bricolage à Issoire qui est en liquidation judiciaire.

Ce parcours du combattant s’accompagne de son lot de difficultés : perte de l’enseigne suite au rachat de sa  centrale par la concurrence, recherche et obtention de l’enseigne Bricorama, restructuration du personnel dont l’embauche et le licenciement de 5 directeurs pour aboutir en 2002 à une association avec le directeur actuel. Aujourd’hui la société est rentable et a ouvert il y a 5 ans un deuxième magasin Bricorama à Beaumont.

A force de travail de ténacité et d’agilité Laurent est arrivé à convaincre les parties de signer en 1998  l’acte de transmission qui sera effectif quatre ans plus tard.  A ce stade Laurent se félicite d’avoir su mettre en pratique le conseil de l’expert-comptable de l’entreprise Etellin, « il ne faut pas se fâcher avec sa famille ». Il a gagné son challenge et son père rebondit en créant dans la foulée un magasin d’antiquité à Clermont. En 2003 Laurent qui a la volonté de partager avec Marie Christine sa vie d’entrepreneur lui propose de rejoindre l’entreprise en tant que contrôleur de gestion. Elle accepte d’emblée et quitte son poste d’Auditeur à l’ARS.

Début 2003 Laurent se retrouve seul aux manettes avec Marie Christine qui le complète harmonieusement. Il est fier d’avoir atteint l’objectif qu’il s’était fixé 18 ans auparavant et se positionne dès lors en repreneur digne successeur de l’œuvre de son grand père en ouvrant la voie de la troisième génération familiale. Il affiche sa volonté de développer l’entreprise et ouvre 2 nouvelles agences BIGMAT à Besse et à Gelles qui se rajoutent aux 3 agences BIGMAT déjà existantes de Clermont, de Romagnat et d’Issoire.

A l’occasion de son 70 éme anniversaire cette année L’ensemble du groupe Etellin représente aujourd’hui 50 millions de chiffre d’affaire et regroupe 170 collaborateurs. La diversité de ses activités permet d’augurer d’une rentabilité pérenne. Entre 2003 et 2013, le groupe s’est diversifié dans l’énergie, dans un premier temps dans la distribution de produits activité non rentables cessée en 2013. Il rachète ensuite successivement 8 micros centrales électriques dans le Massif Central dont deux ont été cédées depuis ainsi qu’une ferme éolienne en Bretagne. Cette croissance externe a permis de sortir le groupe Etellin de sa région d’origine et de son activité, le rendant ainsi moins dépendant des aléas du marché du bâtiment. En 2012, Laurent décide de renforcer son offre de produits du bâtiment en ouvrant une agence spécialisée de produits de menuiseries et de cuisines avec l’enseigne CASEO située à côté du siège social de Clermont Ferrand.

En 2013 Laurent et Marie Christine lancent une grosse opération de croissance externe à travers le rachat de la société SOGEMAT qui compte 65 salariés et 9 agences qui vont compléter les 80 salariés et les 5 agences de l’entreprise Etellin. Cette opération audacieuse engendre un endettement très lourd mais Laurent va bénéficier de l’aide précieuse de son vendeur qui est devenu un ami. Cette croissance va permettre à la SAS Etellin d’avoir une implantation sur l’ensemble du Puy de Dôme et le sud de l’Allier.

Entre temps, lui l’ancien CJD qu’il est, rejoint le Club de dirigeants APM Auvergne Monde qui se crée en 2012 et y trouve les ressources en termes de formation et d’échanges dont il a besoin pour prendre du recul et contrôler son comportement parfois impulsif. Cela va lui permettre d’aller chercher des ressources au fond de lui-même dans les moments difficile afin d’assumer ses lourdes responsabilités. Il y apprend à relativiser et à se renforcer pour surmonter la baisse d’activité liée à la dégradation du secteur du bâtiment.

Les yeux tournés vers le ciel il contemple le spectacle de la chaine des puys qu’il aime tant et l’œil à la fois malicieux,  bienveillant et passionné il me confie « je trouve que le métier d’entrepreneur est le plus beau du monde, il m’a permis de relever le défi de la reprise de l’entreprise familiale, d’être proche de mes équipes avec lesquelles j’ai créé des liens de confiance et d’estime et de partager ma passion au quotidien avec Marie Christine ». J’ai aimé faire avancer les autres, communiquer avec eux et faire preuve d’exemplarité. Si c’était à refaire, sans hésitation je ferai le même choix.

Aujourd’hui face à la très grande mutation économique à laquelle il est confronté Laurent est persuadé que le développement des Ressources Humaines est un gage de la pérennité de l’entreprise. Il est fier de la proximité et de l’esprit de coopération qu’il a créé entre les collaborateurs de la première heure et les nouveaux arrivants.

Confronté simultanément à tant de réussite et de bonheur durable et à la perspective d’un monde qui devient de plus en plus imprévisible une ombre passe furtivement sur son visage à l’évocation de ses deux filles adorées. Il aimerait tant leur transmettre son optimisme inoxydable et leur assurer à coup sûr un avenir heureux.

Conscient que pour accomplir son œuvre il a dû souvent mettre en parenthèse sa passion  pour le ski, il a la curiosité d’imaginer qu’à l’heure de son dernier voyage  il se métamorphosera en oiseau migrateur. Du haut du ciel il pourra ainsi observer ses cendres dispersées dans les eaux de la couze Pavin, en amont de sa turbine hydroélectrique, et être à nouveau utile aux autres en produisant ainsi une ultime étincelle. Travail accompli ses cendres vogueront sur la couze Pavin avant de rejoindre l’allier, puis la Loire pour enfin se fondre dans le grand silence de l’océan bleu dont  la couleur lui rappelle les yeux de sa femme et de ses filles. C’est alors que  Neptune lui soufflera avec bienveillance « je sens que tu as été heureux dans ta vie et que tu as su cultiver avec attention ta drogue préférée : l’amitié ».

Confrontation de l’histoire de Laurent Etellin à l’univers des contes par Emmanuel de Lattre

A l’un des 2 bouts du Monde, il y a une Montagne, au sommet de laquelle se dresse un Rocher, duquel d’élève une Source qui, s’écoulant sur les flancs de la Montagne, irrigue le monde entier autour. A l’autre bout du Monde, il y a le grand Cœur du Monde dont les battements maintiennent le Monde en vie.

Un jour, le Cœur du Monde voit la Source à l’autre bout du monde et cette vision éveille tellement son désir, qu’il quitte sa place et traverse la grande distance qui séparait les deux bouts du monde.

Il arrive au pied de la Montagne et s’aperçoit que s’il gravit la Montagne, il va perdre la Source de vue. Et s’il perd la Source de vue, il arrête de battre et tous les êtres sur Terre arrêtent de battre également. La Nuit arrive et va bientôt enfermer la Source dans l’obscurité, et le Cœur du Monde arrêtera de battre et tous les êtres sur Terre également.

Alors le Cœur du Monde se met à chanter. La Source lui répond. Elle chante elle aussi. Son chant résonne sur toute la surface de la Terre et tous les êtres, comprenant que c’est le dernier chant du Cœur du Monde, se mettent aussi à chanter. Un vieux sage traverse la Terre et ramasse tous les chants avec lesquels il tisse du temps. Il fait un jour de plus. Le vieux sage remet ce jour de plus à certains êtres qui l’apportent au Cœur du Monde et ensemble ils vont l’offrir à la Source. En route, leur chant est tellement vibrant qu’il fait s’élever d’autres sources.

Et c’est ainsi qu’avec cette délicate trame faite de chants, de puissance et d’amour, de nouvelles sources sont mises à jour et que le temps est recréé jour après jour. Il y a toujours assez de temps, jamais plus, juste assez de temps pour un jour de plus.

Ainsi, comme le vaillant Cœur du Monde, Laurent a toujours poursuivi sa vision. Il s’est toujours engagé pour reprendre l’entreprise familiale. Et quand les choses devinrent difficiles, il a fait preuve de courage voire d’obstination et a surtout pu compter sur le soutien d’êtres proches (femme, parents, oncle, ami(e)s et experts) pour l’aider à gravir jusqu’au sommet de sa montagne, de son rêve. Et grâce à ces soutiens, il a même fait jaillir d’autres sources, d’autres projets, d’autres enseignes. La bienveillance du vieux sage plane sur cette histoire comme le sourire fier et encourageant des grands-pères.

Réaction de Laurent Etellin à la découverte de ce conte

Au début du conte Je ressens de l’incompréhension car je ne vois pas où il peut me mener. Au fur et à mesure de la lecture tout s’éclaire et ce sentiment confus se  transforme en une forte émotion. La chute me permet de mieux comprendre et cerner, la nature de mon engagement au sein de mon entreprise et le rayonnement et le plaisir que j’en retire qui me permettent d’avancer toujours plus loin avec mes collaborateurs.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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