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Jean-Michel REBERRY : «La solution est dans la négociation»

Jean-Michel REBERRY : «La solution est dans la négociation»
Jean-Michel Reberry, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de la région Auvergne,

Elu en novembre 2013 à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de la région Auvergne, Jean-Michel Reberry (64 ans) s’est expliqué sur le rôle et l’utilité de l’assemblée, la fusion avec Rhône-Alpes, son engagement syndical, sa vision de l’assurance maladie et a donné sa vision du dialogue social lors du petit déjeuner économie du Club de la Presse Auvergne. Morceaux choisis.


Originaire de Niort dans les Deux-Sèvres (79), ce cadre bancaire effectue toute sa carrière au sein de la Société générale. Aux responsabilités du syndicat Force Ouvrière en 1973, jusqu’à la présidence en 2004 de la Caisse primaire d’assurance maladie 63, ces mandats marquent d’autant plus son engagement dans la défense socioprofessionnelle des salariés. Il occupe la vice-présidence du CESER depuis 2004, succédant à Michel Doly à la fin 2013.

A la tête de la seconde assemblée de la Région, composée de socioprofessionnels et d’associations représentatifs de la société civile, il est lucide sur son rôle consultatif, répondants aux saisines du Conseil Régional. « Hors de tout régime présidentiel, nous ne sommes pas une armée mexicaine, nous décidons collectivement. Nous avons un rôle de propositions » précise-t-il en écho au président René Souchon. Sur l’utilité du CESER, souvent contestée ? « Nous souhaitons être davantage écoutés par le Conseil régional dans notre rôle d’aiguillon. Comme par exemple pour notre proposition de prolongation du Fonds d’Investissement pour l’Auvergne Durable (FIAD) » positive-t-il.

Valoriser nos pôles d’excellence

La réforme territoriale et la fusion avec Rhône-Alpes occupent forcément son esprit. Quelle place pour les territoires auvergnats, sa capitale Clermont-Ferrand en tête, face au triptyque rhônalpin Lyon – Grenoble – Saint-Etienne ? « Nous nous interrogeons sur nos missions, la méthode et le financement mobilisés. Nos 3 collèges restent très prudents voire craintifs sur la centralisation des décisions par rapport aux besoins locaux, sur l’emploi et la peur d’être noyé dans un ensemble où l’expression auvergnate aura du mal à émerger. Je pense que l’enjeu fort se situe au niveau du statut de métropole de Clermont-Ferrand pour contrebalancer le poids des autres villes. Nous devons valoriser nos pôles d’excellence (agriculture, université) » Ni pessimiste, ni angélique, « JMR » croit pourtant dans l’impact structurant de la réforme, en révélant des leviers de développement (tourisme, outils, train à grande vitesse…) en faveur de la 2e région sur le plan européen, désenclavant notre territoire très rural.

Du côté syndical, il porte fièrement la casquette FO depuis 1973, avec en filigrane « sa culture pour la revendication, quelque soit la tendance au pouvoir. Je ne suis pas satisfait de la politique menée, je ne crois pas au pacte de responsabilité. Une entreprise qui gagne de l’argent, ce n’est pas immoral mais dans une société précaire, instable… Nous avons une vision keynésienne de l’économie et je ne suis pas là pour gérer les entreprises, mais m’occuper des salariés. Nous avons la capacité de signer des accords nationaux. » Dans un contexte difficile pour le dialogue social, les syndicats ont aussi du mal à se faire entendre.

La solution est dans la négociation

Concernant la Sécurité sociale, « notre déficit est lié au chômage de masse, mais notre régime de santé est viable », comme le montre la tenue des objectifs tenus et la maîtrise des dépenses pour la 4e année consécutive. « Repousser l’âge de la retraite ? Faire travailler les seniors est difficile, le désamour des salariés pour leur travail grandit. La solution se trouve dans la négociation, pas forcément la loi. »

En fin connaisseur de la gouvernance des entreprises et des revendications des salariés, « la responsabilité sociale revient d’abord aux acteurs de l’entreprise. Ils rechignent souvent à placer le sujet sur la place publique et rétribue souvent plus l’actionnariat que le salariat. Un effort de transparence est nécessaire. Quand le patronat allemand demande des efforts aux salariés sur une période, cela aboutit souvent à une négociation de récompense. » Dans notre pays, le dialogue est bien plus conflictuel. Il ne suffit plus de gueuler pour se faire entendre. » A bon entendeur…

Texte & photo par Jean SEPPAK

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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