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Institutions

Le Grand Clermont, un territoire en mouvement

Le Grand Clermont, un territoire en mouvement

La stratégie de développement du Grand Clermont, définie dans un SCOT (Schéma de Cohérence Territorial), s’est donné comme horizon, 2030. D’ici là les programmes d’actions mis en place devront se déployer selon 2 axes : restaurer une dynamique économique et démographique et maîtriser son urbanisation.


Relever le défi démographique

Les derniers chiffres du recensement de population ne sont pas favorables au Grand Clermont dont le seuil pertinent était estimé à 600 000 habitants soit 50 000 de plus à l’horizon 2030. Si le solde migratoire est positif, le faible taux de natalité rend cet objectif inatteignable et c’est un sujet de préoccupation pour les élus face à une région Rhône-Alpes qui, elle, bénéficie d’une démographie très dynamique. Le flux migratoire a lui seul ne suffit pas à compenser le renouvellement de la population or, comme le souligne Dominique Adenot « un territoire qui ne se renouvelle pas est un territoire qui vieillit, c’est un point de faiblesse. Il nous faut inverser cette tendance. »

L’accueil de nouvelles populations est donc plus que jamais un challenge pour renforcer les fonctions métropolitaines de Clermont. C’est une question stratégique : mettre en avant les atouts du grand Clermont pour compenser cette faiblesse en jouant la carte de “Clermont la verte à l’est de Lyon avec Grenoble la blanche à l’ouest.”

Une métropole en archipel

Au contraire des grandes métropoles denses qui se sont développées en tache d’huile dévoreuse d’espaces naturels et dans lesquelles on a le sentiment d’étouffer, l’objectif du SCOT est de conserver à Clermont sa beauté intrinsèque. Ne pas faire comme les autres c’est construire une grande métropole régionale avec un cœur de ville, des grandes coupures vertes et bleues dans lesquelles on respire et on se détend, des axes de communication et des transports reliant le pôle métropolitain à des pôles de vie. Cette dimension que le schéma de cohérence territorial a mis en marche est aujourd’hui prise en compte par les élus qui l’ont totalement intégré dans leurs PLU (Plans locaux d’Urbanisme). Cette démarche sera accompagnée par une réflexion sur la qualité de l’habitat et la création de zones pilotes d’Habitat constituées de projets innovants avec pour objectif d’économiser le foncier en densifiant les constructions et en réhabilitant des logements existants dans les centres bourgs.

Reste la question du transport public qu’une étude « pilote » menée en collaboration avec le SMTC (Syndicat Mixte des Transports Clermontois) sur Billom va permettre d’aborder. Un autre chantier de concertation et d’expérimentation pour les élus qui au sein du Grand Clermont ont appris à “ne plus travailler chacun dans son coin mais ensemble pour prendre des décisions qui les engagent tous. C’est la cohérence de notre vision territoriale qui fait la force.”

Le développement économique, moteur de la démographie

Attirer de nouvelles populations passe avant tout par le développement de l’activité économique. C’est parce qu’il y a de l’emploi que les gens se déplacent. La faiblesse de Clermont-Ferrand est constituée par l’exode des jeunes qui, après leurs études, ne trouvent pas d’emploi à la hauteur de leurs ambitions. Les données de l’INSEE sont accablantes : la population jeune est importante à Clermont mais chute chez les plus de 25 ans. Si on veut fixer une partie de cette jeunesse cela passe par l’activité économique.

Jean-Marc Monteil, compare la situation de Clermont-Ferrand à celle de Grenoble avant qu’elle n’entre dans l’univers des nanosciences et prenne son essor. « Cette révolution industrielle nous ne l’avons pas faite. Nous avons réussi la 2ème révolution industrielle, Michelin, Limagrain sont là pour en témoigner mais ces 2 grosses machines, bien que faisant des investissements permanents, ne vont pas générer d’emplois nouveaux. Par contre nous pouvons proposer des activités créatrices d’emploi en amont et en aval de ces grandes entreprises pour leurs besoins ».

Cette réflexion menée au sein du Conseil de développement du Grand Clermont a conduit des industriels à mener un premier projet qui arrive à maturité au bout de 3 années d’études : construire une unité de production de bioéthanol. « Il y a une filière autour de cela. De nombreuses entreprises ont besoin de bioéthanol et on va l’implanter ici. “

Jean Marc Monteil va plus loin : « les modalités de la chimie verte à l’échelon local peuvent générer des emplois de haut niveau. Notre territoire intéresse des industriels qui se rencontrent régulièrement au sein du grand Clermont, et qui ont découvert l’intérêt de travailler ensemble comme le font actuellement le directeur de la recherche de Michelin avec Limagrain.”

Le second axe de développement pour l’implantation d’activités nouvelles innovantes concerne le actvités liées à la santé. Le projet de Centre Expérimental de Prévention Individualisé (CEPIA) est acté : Il consiste en un service offert à l’ensemble des habitants du territoire et qui renvoient à des techniques liées aux technologies numériques. Le propos : nous sommes une population vieillissante et les dépenses de santé coûtent de plus en plus cher. Une médecine préventive sera susceptible de retarder l’apparition de maladies. C’est un dispositif unique et exemplaire avec un volet recherche adossé à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Cette plateforme régionale aura un volet international qui sera très visible à l’échelle européenne. Il sera bien entendu créateur d’emplois.

Un troisième axe stratégique identifié par le Conseil de Développement concerne le numérique. Clermont-Ferrand a des atouts pour entrer dans la révolution technologique d’où naîtra l’usine du futur. Au plan économique les start-up ont besoin d’infrastructures numériques conséquentes que le Grand Clermont est en capacité de leur apporter.

L’allier un grand projet structurant

Pour Dominique Adenot “ le moment est venu de se lancer dans un grand projet de même ambition que la valorisation des parcs.” L’Allier est un “atout exceptionnel” qui, de Brioude à Vichy constitue une voie verte et bleue dont la mise en valeur dépasse largement les capacités d’action des communes traversées. Les élus ont donc délégué au Grand Clermont la maîtrise d’ouvrage pour l’aménagement d’une voie verte de 25 km permettant une circulation douce le long de l’Allier. Ce projet, initialement porté par 2 communautés de communes (Mur es Allier et Gergovie Val d’Allier), va bénéficier de fonds européens FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) et permettre de regrouper à terme une cinquantaine d’emplois sur le site de l’écopole. L’aménagement de la voie verte pourra faire naître des activités économiques privées en lien avec la fréquentation des berges de l’Allier et des espaces de loisirs aménagés pour l’observation des oiseaux, la pêche ou la randonnée…

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A propos du Grand Clermont

Parmi les structures où s’élaborent les politiques publiques en matière d’aménagement du territoire, le Grand Clermont est certainement la plus mal identifiée par les habitants des 108 communes inclues dans son périmètre. Rien de très surprenant puisque ce sont les communautés de communes qui mettent en œuvre les projets élaborés par cette assemblée d’élus communautaires. Le Grand Clermont n’est pas une structure administrative de plus mais un territoire de projets entre les communautés de communes de la 1ère et 2ème couronne, et l’agglomération de Clermont permettant à plus de 400 000 habitants de bénéficier de programmes de développement impossibles à mener à une échelle plus modeste. Le Grand Clermont est administré par un Conseil syndical de 76 délégués qui portent la voix des neuf intercommunalités soit 108 communes. Dominique Adenot, Président du Grand Clermont.

C’est aussi un espace de réflexion où s’élaborent les stratégies de développement au sein d’un Conseil de Développement composé de personnalités de la société civile, chefs d’entreprise, universitaires, chercheurs, et présidé par Jean-Marc Monteil.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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