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Stimuler la créativité par l’historique des connaissances

Stimuler la créativité par l’historique des connaissances

Créateur d’une méthode de gestion des connaissances, Jean-Louis Ermine était à l’Ecole Universitaire de Management de Clermont-Ferrand, lundi 4 avril, dans le cadre des conférences de l’OpenLab Innovation-Exploration.


Innovation continue ou innovation de rupture ? Existe-t-il une méthode pour favoriser cette innovation tant recherchée ? C’est toute la problématique de l’OpenLab Innovation Exploration, à laquelle Jean-Louis Ermine est venu apporter sa contribution.

Des maths à la gestion des connaissances

Mathématicien de formation passé à l’informatique, puis à la gestion des connaissances, au CEA et à l’Ecole de Management de l’Institut Mines-Télécom, Jean-Louis Ermine a présenté la méthode MASK (méthode d’analyse et de structuration des connaissances) dont il est le créateur. Adepte du « Knowledge Based Innovation » (l’innovation basée sur les connaissances), Jean-Louis Ermine tranche avec l’idée selon laquelle il faudrait oublier ses connaissances pour parvenir à l’innovation. « Pour bien innover, il faut utiliser ses connaissances. Il n’existe pas d’innovation de rupture. Cela fait fantasmer les managers mais il faut utiliser ce que l’on sait déjà », lance-t-il en préambule à sa démonstration.

L’innovation de rupture n’existe pas

Selon le chercheur-consultant, le savoir n’est pas un effet de bord, mais le noyau sur lequel doit se baser un cercle vertueux. L’entreprise détient un portefeuille de connaissances qu’elle doit auditer et organiser pour faire émerger des processus. L’innovation découle de l’évolution de ces processus. L’idée sous-jacente est que l’organisation doit accompagner la créativité en faisant évoluer son patrimoine de connaissances. Soit dans un cadre fermé, en partant d’un problème du marché, soit à partir d’idées totalement nouvelles, c’est l’idéation.

L’archéologie des connaissances

L’originalité de la méthode de Jean-Louis Ermine réside dans la manière de faire émerger ces idées. La méthode d’analyse et de structuration des connaissances propose de « stimuler les gens en les faisant travailler sur les connaissances ». C’est ce que Jean-Louis Ermine appelle le « Knowledge drilling », ou l’archéologie des connaissances. En répondant par exemple à la question : « qu’a-t-on fait dans le passé ? », les acteurs de l’innovation retracent « un historique des idées » et retrouvent des « traces technologiques ». Une fois ce constat effectué, il est possible d’extrapoler pour créer « une créativité stimulée par l’historique des connaissances », indique Jean-Louis Ermine.

Mise en place au CEA depuis plus de 10 ans, la méthode MASK pourrait être appliquée dans les prochaines années à des autorités de sûreté nucléaire. Si l’OpenLab a, quant à lui, pour objectif de favoriser l’innovation au sein de PME auvergnates, l’intervention de Jean-Louis Ermine aura néanmoins permis d’approcher cette méthode. Pour Amid Araï, gérant de la société de maintenance industrielle Araï Energy, « la conférence permet de passer de la théorie à la pratique. On sort du quotidien pour avoir une vision plus claire et cela peut parfois remettre en cause notre stratégie. C’est une nouvelle façon de voir les choses auxquelles on ne pense pas car nous avons parfois trop le nez dans le guidon. »

Photo : De gauche à droite, Jean-Louis Ermine, Pascal Lièvre, chercheur au CRCGM et Frédéric Denisot, chef de projet à la CCIR.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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