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Grand Paris Express | Au service de la biodiversité

Grand Paris Express | Au service de la biodiversité

À Aulnay-sous-Bois, le parc départemental du Sausset abrite une faune et une flore abondantes. Demain, cet écrin de la biodiversité en Île-de-France sera desservi par les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express.


En attendant, la Société du Grand Paris vient d’y installer une pompe à eau pour protéger ces précieux espaces humides.

A l’œuvre depuis vingt ans au parc départemental du Sausset, Vincent Gibaud vient d’instaurer un nouveau rituel. Chaque mois, le chef de service vérifie le fonctionnement de sa pompe à eau flambant neuve. Une pression sur le bouton et l’eau de la nappe phréatique se déverse dans un caniveau et ruisselle jusqu’aux milieux aquatiques. Tout est paré pour palier une éventuelle baisse de la ligne d’eau.

À l’origine de cette pompe installée en début d’année, il y a cet étonnant panorama champêtre. Un cadre naturel très attractif pour les oiseaux qu’il convient de préserver. Avec Georges-Valbon à La Courneuve, le parc départemental du Sausset fait partie des poumons verts créés de toutes pièces en Seine-Saint-Denis à partir des années 1970 pour offrir des écrins de nature aux habitants. Un million de visiteurs par an viennent s’y promener.

Demain, l’arrivée de la ligne 16 et de la ligne 17 du Grand Paris Express drainera des populations de l’est et du nord de l’Île-de-France. A cette vocation sociale s’ajoute un autre objectif, assez novateur à l’époque de sa création : ancrer des réservoirs de biodiversité au cœur d’une région dense et bitumée. Dédiée à la fois au public et à la nature, la gestion du parc se veut ainsi « harmonique ». 

Les futures lignes 16 et 17 passent à proximité de plusieurs nappes phréatiques dont celle de Saint-Ouen, une rivière souterraine dont dépendent les points d’eau du parc. Elle est d’ailleurs apparente dans le parc, puisqu’elle correspond à l’étang et au marais. Il convient donc de redoubler de vigilance pour éviter tout impact qui entraînerait mécaniquement une baisse des niveaux d’eau.

Vivent ici quelques-uns des rares couples des blongios nains vivant en Île-de-France : toute baisse brutale du niveau d’eau provoquerait immanquablement l’effondrement de leurs nids. « Comme ce sont des espèces protégées, on a un devoir de maintien de leur habitat et des conditions d’accueil sur le site », confirme Vincent Gibaud.

Plus largement, c’est toute la biodiversité environnante qui en pâtirait. Tout l’écosystème du parc repose donc sur cette nappe qu’il convient de préserver.

Lors du creusement des gares et ouvrages de service, tout est entrepris pour minimiser les effets sur la nappe. Les parois moulées constituent une boîte étanche à l’intérieure de laquelle on vient pomper l’eau pour construire à sec.

« La réalisation d’un tel ouvrage sort de l’ordinaire, c’est assez exceptionnel », souligne Vincent Gibaud. Les travaux de forage dans le sol pour y puiser l’eau ont commencé en octobre 2021 et la pompe est aujourd’hui opérationnelle.

Si l’on constate une baisse du niveau, l’eau pompée à 60 mètres de profondeur dans la nappe réalimentera les points d’eau du parc. Tous les jours, les écogardes du parc en mesurent le niveau à la surface. De son côté, la Société du Grand Paris le surveille à l’aide de piézomètres enfoncés dans le sol. Toute anomalie serait ainsi détectée.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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