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Dossier

Création et reprise d’entreprise : “Tu seras entrepreneur mon enfant !”

Création et reprise d’entreprise : “Tu seras entrepreneur mon enfant !”

4 870 créations d’entreprises ont été recensées en France en avril 2017. Ce nombre a diminué de 7% au regard d’avril 2016. Selon l’INSEE, plus le créateur investit initialement, plus l’entreprise sera pérenne. Les entreprises créées par les jeunes et les chômeurs cessent plus rapidement. Plus de 8 créateurs sur 10 sont satisfaits de leur projet. A cela viennent s’ajouter les chiffres dits de la cession ou reprise d’entreprise. Eux aussi peuvent être encourageants ! 60 000 entreprises sont mises en vente chaque année et 185 000 sont susceptibles d’être cédées chaque année. Ceci représente environ 750 000 emplois de sauvegardés. Le taux de survie des entreprises récemment cédées est bien supérieur aux entreprises créées : 60% à 5 ans contre 50% pour les autres. 30% d’entre elles sont cédées en interne, à des membres de la famille ou des personnels de l’entreprise déjà en place, 45% seront cédées à des tiers.


Création ou reprise d’entreprise sont le signe d’une culture de l’entrepreunariat. Depuis trop longtemps notre pays est en manque de cette culture. Mode d’éducation, gène de l’investissement, refus de la réussite, jalousie de celui qui entreprend… en sont probablement les raisons. Il y a néanmoins un point commun à la création ou la reprise ! Celui de la mise en route dans une logique d’abandon de soi. Presque prophétique me direz-vous ? En tout cas, complètement ancrée dans le socle de la foi ! Celle de soi, de la remise en cause de ses conforts… la foi en un avenir proche ou lointain qui passera forcément par des doutes, des nuits blanches, une énorme réflexion, une logique de stratégie à faire rougir les meilleurs généraux, une volonté de fer et surtout un accompagnement permanent de ses proches. Cet axe, trop souvent négligé est fondamental dans la réussite de la création ou de la reprise d’une entreprise.

Créer son entreprise est aussi une manière de provoquer son propre emploi. La situation économique, même fragile, ne semble pas être un frein à cette volonté. “Je créé, donc je suis” aurait pu dire René Descartes. Vous créez donc vous sortez des chiffres du chômage, pourraient reconnaître les agents du ministère du Travail ! Créer son entreprise est avant tout l’occasion de montrer son savoir-faire. De se motiver chaque jour pour convaincre et finir par gagner son salaire. C’est aussi la possibilité de se développer à son rythme, de vivre de nouvelles expériences professionnelles en ayant de compte à rendre qu’à soi-même… et peu aux services fiscaux.

Succéder à un créateur entraîne forcément une comparaison que ce soit par les salariés ou par les clients. Dans un premier temps, ce ne sera pas seulement la manière de diriger du repreneur qui sera commentée mais aussi la qualité de ses produits ou services, le relationnel, sa manière d’être… une situation qui peut être ressentie comme pesante. Le cédant, même s’il veut la réussite de son repreneur, ne pourra s’empêcher « d’être et d’avoir été ». Il pourra parfois avoir du mal à prononcer le mot « nouveau propriétaire » en parlant du repreneur, préférant le laisser apparaître comme une sorte de nouveau directeur général. Céder son entreprise c’est aussi accepter la réussite du petit nouveau, comme un parent qui accepte et surtout reconnaît que son enfant fera mieux que lui.

Les bienfaits de création d’entreprise

Formalités simplifiées

En matière de création d’entreprise, la France est souvent dénigrée. Et pourtant, elle fait partie des pays du G20 où il est le plus simple de monter une entreprise. Les formalités de création d’entreprise en France comprennent 7 étapes contre presque 8 en moyenne, pour les pays de cette zone économique et politique.

Pour créer une entreprise en France, vous devez passer par les étapes qui suivent : le choix de la forme juridique, la rédaction des statuts, la constitution du capital, l’établissement de la liste des actes, le remplissage du formulaire M0/P0, la publication de l’annonce légale (malgré les idées reçues, vous aurez le droit de choisir le média papier dans lequel sera publiée l’annonce officielle) et le dépôt du dossier au Centre des Formalités des Entreprises. Toutes ces démarches peuvent se faire en 7 jours contre 22 jours en moyenne pour les pays du G20.

De multiples dispositifs d’aide à la création

La France met en place un grand nombre d’aides à destination des entrepreneurs qui désirent s’implanter ou développer leur entreprise en France. Ces aides prennent la forme d’accompagnement, de soutien technique ou d’aides financières, qui interviennent à toutes les étapes du projet. Parmi ces aides figure l’ACCRE. Un dispositif qui permet à l’entrepreneur de bénéficier d’une exonération de charges sociales pendant une période donnée.

Autre aide à la création d’entreprise, la NACRE. Mise en place par Pôle Emploi, elle permet au créateur-chômeur de percevoir un capital correspondant à 45% du reste de ses allocations chômage. Grâce au dispositif NACRE, les créateurs d’entreprise pourront bénéficier d’un accompagnement complet tout au long de leur projet, et ce pour une période allant jusqu’à 3 ans. Deux autres aides sont à souligner ; la “Formation 5 jours pour entreprendre“, qui est une prestation proposée par la CCI Chambre de Commerce et d’Industrie et l’EPCE : Évaluation Préalable à la Création ou Reprise d’Entreprise, mise en place pour étudier avec des personnes avisées et expérimentées la faisabilité du projet avec ses points forts et ses points fragiles, mais aussi les actions à mettre en place pour avancer ou finaliser le projet.

Par ailleurs, de nombreuses autres aides à la création d’entreprise sont disponibles en France pour ne citer que le prêt d’honneur Réseau Entreprendre du réseau Initiative ou le microcrédit de l’Adie. A tout ceci s’ajoutent les nombreux prêts proposés par les établissements financiers français et les aides publiques de toutes sortes comme le prêt à taux zéro, les fonds privés dédiés aux PME ou autres.

Enfin, de nombreux dispositifs fiscaux et sociaux incitatifs en faveur de la création d’entreprise existent en France. Parmi eux, il faut citer les divers crédits d’impôts, le dispositif Jeune entreprise innovante, etc. Là encore, contrairement aux idées reçues, ces aides peuvent être obtenues assez simplement. Le montage des dossiers de demandes, ne sont ni contraignants, ni chronophages. Les professionnels qui sont attachés à ces services sont à la disposition du créateur et souvent ils se font un devoir d’entrer dans la logique de l’accompagnement.

Un écosystème entrepreneurial favorable à la création

La France n’est pas un pays hostile à la création d’entreprise. Et pour cause, elle offre un environnement où il fait bon entreprendre comme la présence de plus de 1 000 incubateurs d’entreprise. Ces structures d’accompagnement, de conseil et de financement offrent leur soutien aux créateurs pendant les premières étapes de la vie de leur entreprise. On en trouve dans tous les domaines d’activités allant de la technologie au tourisme, passant par l’agriculture et l’artisanat. La France, c’est aussi des dispositifs administratifs favorables à la création d’entreprise comme le portage salarial. Il existe des centaines d’entreprises de portage salarial en France.

Des réseaux d’accompagnement hors du commun

Tout créateur d’entreprise en France n’est pas seul. Il peut compter sur le soutien d’un grand nombre de réseaux d’accompagnement pour réussir son projet. Si Pôle Emploi est la structure la plus connue, il y en a au moins une vingtaine dont la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre des Métiers et de l’artisanat, l’ADIE, l’AGEFIPH, l’AFE, le Réseau Entreprendre, etc.
Il existe aussi en France de nombreux organismes qui offrent aux créateurs d’entreprise un accompagnement sous forme de coaching ou d’hébergement comme les couveuses, les pépinières d’entreprise, les coopératives et les incubateurs. Bref, en France, vous ne serez pas seul lors de la création de votre entreprise. De nombreuses entités vous attendent et sont prêtes à s’impliquer avec vous dans votre projet.

L’auto-entreprise, une rareté

Le choix de la forme juridique d’une entreprise est une préoccupation majeure pour n’importe quel créateur. Entre la SARL, la SA, la SAS ou l’EURL, le choix est loin d’être facile. En France, les entrepreneurs ont droit à des essais grâce au statut de l’auto-entrepreneur. Ce statut offre de nombreux avantages pour ne citer que son coût de comptabilité nul ou encore son coût d’installation nul. Son plus grand avantage est sa fiscalité. Les charges sont uniquement calculées sur le chiffre d’affaires réalisé. S’il n’y a pas de chiffre d’affaires, il n’y aura donc aucune charge. Le statut de l’auto-entrepreneur permet donc à tout entrepreneur de se lancer sans risque, d’essayer son concept avant de choisir une autre forme juridique. Lancé en 2008, il est depuis cette date le mode retenu pour créer une entreprise par près de 50% des entrepreneurs.

Les méfaits de création d’entreprise

Une fiscalité lourde

La France est l’un des pays où le taux d’imposition des sociétés est le plus élevé. Celui-ci est à 38% contre 23% pour la moyenne européenne et 22% pour la moyenne mondiale. C’est l’une des principales explications de l’évasion fiscale dans notre pays, qui constitue aujourd’hui un phénomène émergent. De nombreux gros entrepreneurs en France essaient d’échapper à la fiscalité qui est trop lourde en faisant appel à de grands avocats et experts. D’ailleurs, le taux moyen de paiement de l’Impôt sur les Sociétés en France est de seulement 9%.

Ce qui est encore plus frustrant pour les entrepreneurs, c’est que même en cas d’échec financier, les charges sociales restent encore élevées. La France est le pays où les charges sociales sont les plus élevées, soit 41%. La Belgique est derrière elle avec 15 points de moins.

Un traitement déséquilibré entre les salariés et les employeurs

La France met en place un système de salariat très protecteur. Sans parler de la Sécurité Sociale, les salariés français bénéficient d’une grande protection avec les rémunérations fixes qui sont assurées tous les mois, les comités d’entreprise, ou les indemnités de licenciement. On peut dire, sans être forcément opposé au droit du travail, que tout est de la responsabilité de l’employeur : la santé, l’employabilité, la quantité de travail fourni aux employés, etc. D’un autre côté, les employeurs, eux, se sentent lésés. Une simple erreur de recrutement peut leur être fatale. Ils ne bénéficient d’aucune protection en cas d’échec. En cas de licenciement économique dû à une baisse d’activité, ils doivent encore s’acquitter des indemnités des salariés.

En France, beaucoup de choses peuvent encore pénaliser

L’entrepreneuriat comme l’interdiction d’échouer

Si vous déposez un bilan, vous êtes rayé de la liste des personnes pouvant bénéficier d’un crédit. La France fait aussi partie de ces pays où l’on forme les étudiants à ne pas se faire exploiter plus tard par les employeurs. Or, il est tout à fait normal qu’un jeune fraîchement diplômé doive encore acquérir de l’expérience pour être vraiment opérationnel. C’est pourquoi le salaire d’entrée est souvent plus faible.

Par ailleurs, si vous voulez demander un prêt personnel en tant qu’entrepreneur, ce ne sera pas possible sans caution avant d’avoir cumulé plusieurs années d’existence.

Trois fléaux à la reprise d’entreprise : une faible attirance des investisseurs, la lourdeur administrative, un coût de la main d’œuvre élevé.

L’Etat et la presse en général, adorent parler de la réussite des startups françaises. Mais, on oublie souvent de mentionner que les investisseurs sont encore peu intéressés par la France dans le domaine de l’innovation. Cela signifie qu’il est plus difficile de trouver des financements en France pour lancer une entreprise innovante. D’ailleurs, les banques sont encore peu réceptives. A moins de faire preuve de persévérance et de méthodes affinées, on risque fort de ne rien obtenir.

Même si on parle de plus en plus de la simplicité des formalités de création d’entreprise en France, il faut avouer que les démarches sont parfois lourdes. Il y a trop d’interlocuteurs différents à approcher. Ceci peut dissuader les créateurs de se lancer en France.

Enfin, le coût de la main d’œuvre reste élevé dans notre pays. Il s’agit là d’un des freins qui empêchent les entrepreneurs de venir s’installer en France. En raison d’une éducation qui pousse les étudiants à se méfier des employeurs, d’un côté, et d’une haute qualification, de l’autre côté, les salariés français bénéficient d’un coût horaire élevé. Même si la France ne fait pas partie des trois pays où la main d’œuvre est la plus chère à savoir la Norvège, le Danemark et la Belgique, son coût horaire n’est pas loin. Celui-ci avoisine les 34€.

 

Les bienfaits de la reprise d’entreprise

Grandir plus rapidement

Reprendre une société déjà existante permet avant tout de développer son activité plus rapidement que lors d’une création d’entreprise. La TPE ou PME existante possède déjà une clientèle qui lui est propre et qu’il faudra simplement étendre pour évoluer. De ce fait, il sera à priori, plus facile au repreneur de se verser un salaire dès le début de la reprise et ainsi éviter les restrictions financières que connaissent tous les entrepreneurs au début de leur activité. Le taux de pérennité à moyen terme est aussi beaucoup plus élevé que lorsque l’on monte son entreprise de toutes pièces.

Contrairement aux idées reçues, la majorité des employeurs décident de céder leur bien car ils désirent changer d’activité, capitaliser leur patrimoine ou encore en vue d’un départ à la retraite et non pas pour cause de difficultés financières. Toutefois, afin d’éviter les mauvaises surprises, veillez à bien cerner les raisons qui poussent le cédant à vendre son entreprise. Par exemple, une rupture de contrat avec un client important ou un fournisseur essentiel au fonctionnement de la société peut être préjudiciable pour l’avenir de la structure.

Des crédits plus faciles à obtenir

Puisque l’entreprise est plus pérenne après quelques années d’existence qu’à ses débuts, les banques sont, en effet, plus enclines à leur accorder des prêts. Ces dernières peuvent avoir accès à des études, bilans et autres comptes sur les résultats des années passées afin de déterminer le risque de crédit attribué à la société.

Bénéficier de conseils avisés

Le cédant peut apporter beaucoup à celui qui lui succèdera à la tête de l’entreprise. Puisqu’il a vu naître sa société, il y est généralement très attaché et est ravi de confier ses astuces et conseils à l’acheteur afin de prospérer dans le temps. A cela s’ajoute la confiance des clients historiques ou habituels. Cette aide, dite de l’accompagnement, n’est surtout pas négliger.

Les méfaits de la reprise d’entreprise

Un prix assez élevé

Le prix d’une entreprise déjà existante est souvent plus élevé que le budget nécessaire pour monter sa propre société. L’apport personnel à verser lors de la reprise est donc assez conséquent mais susceptible d’être plus rapidement remboursé par les prochains bénéfices.

Un personnel non choisi

Parfois, reprendre une entreprise, c’est aussi reprendre ses salariés. La tâche du repreneur est alors de vérifier les contrats d’embauche et de laisser du temps au personnel pour s’adapter, surtout s’il a dans l’optique de chambouler les méthodes de travail. C’est alors l’occasion de prendre des initiatives visant à créer du lien : invitations à déjeuner, activités hors de l’espace de travail… tout est permis !

Être efficace immédiatement

Lorsque l’on reprend une entreprise en pleine activité, il est primordial d’être immédiatement opérationnel. Si on choisit de créer sa société, il est possible d’essayer et de se tromper, mais lors d’une reprise il n’y a pas le droit à l’erreur. C’est pour cela qu’une formation dédiée aux nouveaux chefs d’entreprise est proposée par les Chambres du Commerce et d’Industrie. Elle reste totalement adaptable en fonction du profil de chaque repreneur.

Les 8 pièges à éviter

Dans la création d’entreprise

1. Négliger l’implication de son entourage
2. Mal choisir la forme juridique de l’entreprise
3. Ne pas formaliser son idée
4. Confondre vitesse et précipitation
5. S’isoler
6. Mal choisir son associé
7. Ne pas analyser le marché
8. Négliger les prévisions financières

Dans la reprise d’entreprise

1. Ne pas être prêt mentalement
2. S’engager dans l’inconnu
4. Vouloir faire son chemin seul
5. Établir une mauvaise analyse de l’entreprise et du projet concerné
6. Prendre les commandes seul du jour au lendemain
7. Garder l’ancien patron
8. Imposer votre mode de management brutalement

 

Marc-Alexis Roquejoffre



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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